Carnet de route

Des skis, des peaux, des buissons et de la tartiflette

Le 20/02/2012 par Matthieu Urvoy

A peine remis de mes précédentes aventures à la Munia (voir "La Munia pour tous", par Vasil), la montagne me manque déjà.
Une excellente raison (mais en faut-il vraiment ?) pour s'essayer au ski de rando ...

Après deux sorties successivement annulées en raison du verglas, puis du mauvais temps, c'est avec ferveur que nous prions le dieu de la neige pour un week-end à Gavarnie proposé par Georgi.
Comme d'habitude, tout est organisé au millimètre. Et cette fois-ci, nous auront droit à un gite (Le Gypaète, bien sûr), ça serait presque trop confortable.
Une courte nuit à Tarbes, puis un départ matinal pour Argelès Gazost où nous autres pauvres néophytes allons récupérer cet instrument de torture aussi appelé chaussure de ski de location.

Quelques kilomètres plus tard, le départ est lancé au dessus de Barèges.
Enfin presque : tout le monde a déjà chaussé ses skis, et je suis encore en train de me débattre avec mes fixations.
Oui, je suis lent au démarrage. Et bien sûr, rien n'est à la bonne place dans mon sac ...

Mais bientôt, nous voilà partis à l'assaut du Mont Agut : une petite promenade de santé avec ses quelques 1100m de dénivelé.
La première moitié de la montée se fait à travers bois ; la météo est excellente, le paysage superbe : tout s'annonce très bien !

Je goûte rapidement aux joies de la première conversion : une espèce de contorsion ou l'on commence par se déboiter la hanche afin de retourner le ski amont avant de le remettre parallèle au ski aval.
A ce point, il s'agit de ne pas tomber, ni vers l'avant, ni vers l'arrière (si si, c'est possible), et de se déboiter la seconde hanche afin de retourner le second ski.
Une fois les hanches remboitées, on peut alors repartir dans l'autre sens (vous l'aurez compris, ma souplesse est légendaire).

On fera particulièrement attention aux peaux qui aiment à se décoller lorsque le skieur, malheureux, glisse en arrière pendant la conversion.
Heureusement, Georgi veille et recolle les peaux sur mes skis (merci !!).
Ah ! On n'oubliera pas non plus le coup de talon, qui, bien exécuté, permet de retourner le second ski de manière gracieuse et fluide.
Mal exécuté, par contre, on notera la fâcheuse tendance du ski à se planter dans la neige, parfois rapidement suivi du skieur.
A force de conseils répétés (merci à Guillaume, Mathieu, Georgi et Franck !), l'exercice rentre petit à petit.

Nous voilà bientôt sortis de la forêt, et en vue de notre objectif. Le dénivelé se fait sentir et c'est avec soulagement que j’atteins la hourquette du Mont Agut avec Bernard.
Georgi est déjà là ; Bernard et moi avions senti un courant d'air dans la montée : c'était lui qui nous dépassait.
La vue est superbe, et le virus attrapé : je sais désormais que je reviendrai faire du ski de rando !

Le froid nous presse, et il est déjà temps de redescendre.
Le niveau de ski du groupe m'impressionne. Georgi, en particulier, donne l'impression de ne jamais toucher la neige, tout au plus de l’effleurer entre deux virages rapides.
Si je parviens à descendre n'importe quelle piste en station, il faut savoir que j'ai l'air d'un hippopotame sur des échasses (sans oublier ces deux bâtons qui virevoltent dans tous les sens).
Rajoutez-y un sac à dos beaucoup plus chargé qu'à l'habitude, et c'est sans surprise que je m'étale de tout mon long dans la poudreuse dès le premier virage....
......Mais c'est tellement bon !

Guillaume me lance : "Bon, la même chose, mais en décontracté !". Il comprendra vite que c'est peine perdue pour le moment ... mais m'engage tout de même à faire attention aux sapins qui vont vite dans les descentes.
Une descente que je ferai, comme pour la montée, le sourire au lèvres.
Surtout que Gérald s'occupe de l'animation en atterrissant dans les buissons. Il y a une justice.

Nous voilà déjà au parking, puis bientôt au gite ou nous resterons deux nuits.
Au programme : une douche chaude, un apéro bien mérité, et un repas gargantuesque.
Le tout animé par un concert des anciens du club de foot de Mont de Marsan. Que demander de plus ?

Après une nuit réparatrice, nous voilà d'attaque pour la crête de Lurtet (au dessus de Barèges également).
L'endroit est plus sauvage et d'autant plus beau ; la montée est d'abord tranquille, à flanc de vallon, puis plus raide dans la montée vers le lac Dets Coubous que nous laisserons sur la gauche.
Endroit rêvé pour un stage conversions - niveau 2 - où le coup de talon finit enfin par rentrer.
Casse-croûte mérité dans un replat en contrebas de la crête de Lurtet que seuls les plus expérimentés grimperont, faute à la dernière partie de la pente qui est gelée.
La descente est encore meilleure que la veille, et la neige toujours aussi moelleuse.
Retour à Gavarnie pour notre dernier objectif : un vin chaud ! Dur dur de repartir, surtout pour Bernard et Damien qui sont collés au radiateur, et bien disposés à rentrer avec.
Pour le plus grand bonheur de Mathieu, la daube de la veille est remplacée par une tartiflette. On est à la montagne, oui ou non ?!?

Lundi, une fois tous les sacs chargés-déchargés-rechargés dans le camion pour 3612ème fois du week-end, nous partons depuis Villenave (Luz Saint Sauveur) en direction du Pic de Bergons.
Enfin presque, Guillaume qui "aime la nature" nous emmène dans la forêt en se frayant un passage à travers branches et autres racines. Machette, ou es-tu ?
En tout cas c'est très réussi, et la balade très agréable.
Juste trop courte. Mais il faut bien rentrer à Nantes où nous arrivons vannés, mais ravis !

Un grand merci à Georgi pour l'organisation du week-end,
et bien entendu à Isabelle, Guillaume, Franck, Bernard, Damien, Gerald et Mathieu pour tous les bons moments partagés !
A très vite au Marcadau !







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