Carnet de route

Raid à ski Chamonix-Zermatt : 4 très beaux buts !?

Sortie :  du

Le 09/04/2012 par barradis franck

(Résultat du match : CAFNA ski : 2 - METEO arc alpin : 2)

En cette 1ère semaine d'avril, la dream team du ski CAFNA avait rendez-vous en finale de la saison, sur le mythique terrain du ski de montagne, le bien nommé Chamonix-Zermatt.
L'équipe première est composée de : Bénédicte, Louis, Guillaume, Antoine, Alain, Franck (mézigue désigné volontaire pour la pige de cette rencontre sportive).
Le dernier entraînement effectué sur la moraine du glacier d'Argentière fut de bonne augure et promettait à cette équipe de dominer son sujet : "la techquenique autant que la tacquetique" furent révisées : piolet corps mort ou ballon mort, point d'engagement, passage engagé, main courante, main volontaire, cramponnage, passement de jambes, petit et grand ponts (de neige), descente en rappel.
NB : pour le contrôle continu, rayez les intrus du monde des manchots du ballon rond - en plus clair, du monde footballistique-, qui se sont glissés dans cette liste ci-dessus...

Le lendemain, dès le début de partie, le rythme est donné, la 1ére pente à gravir à potron minet nous oblige à sortir -et serrer- les dents, en s'équipant des crampons-piolet. Puis, quelques 700 m de dénivellé plus tard, nous voici au col du Chardonnet, à 3323 m, en repli défensif dans notre zone de réparation. C'est sans compter sur le collectif du CAFNA, qui s'organise pour se sortir de ce passage délicat : raboutage de cordes et machard sur main courante permettent de nous dégager, pour continuer la partie en milieu de terrain glaciaire.
Puis, c'est l'approche de la fenêtre de Saleina, qui après une période d'observation est gravie avec brio, grâce à un jeu collectif sans faille, oui ! et le dernier adversaire de la journée est ainsi éliminé et c'est le but marqué en pleine lucarne de Saleina pour le coup !
Bon début de partie pour le CAFNA avec un score de 1 - 0.

Troisième journée, nous quittons le refuge du Trient et le monumental plateau glaciaire éponyme pour une descente délicate obligeant à dribbler skis aux pieds, en faisant petits et grands ponts, à de fantomatiques crevasses béantes et autres séracs surplombants. Souvenir truculent, également, d'un guide tenant son client littéralement "en laisse" dans ce dédale congelé !
Puis le col des Ecandies est expédié comme une formalité, consistant en une escalade rocheuse skis sur le dos. Enfin la descente du Val d'Arpette nous voit engloutir quelques 1600 m de dénivellé négatif avec un final tout schuss.
Hélas l'arrivée sur Champex nous réserve de bien mauvaises nouvelles : Bénédicte qui serre les dents depuis le petit matin se voit contrainte de sortir sur blessure –déchirure musculaire du mollet : gageons qu'elle soit bénigne et ne compromette pas sa toute fin de saison. Louis doit lui aussi arrêter la partie pour des raisons personnelles.
Dans le même temps, le relevé météo du jour nous annonce une partie difficile à jouer entre Valsorey et Chanrion – avec le fameux Plateau du couloir, étape réputée avalancheuse et "pommatoire". Concertation, discussion, tentatives de repli sur des itinéraires plus sereins au Nord –hélas infructueuses, les refuges visés répondent complets ! Il faut alors bien se rendre à l'évidence, nous "prenons un but !", expression qui désigne tout l'art du renoncement en montagne, et qui, au cas présent, illustre la maturité de l'équipe.
Mais cette décision ne fait que siffler la mi-temps du séjour, sur un score plein de suspens : égalité 1 partout !

Après une nuit réparatrice à Bourg-Saint-Pierre, nous réorientons le séjour sur Chamonix, où nous avons trouvé hébergement et espérons une météo plus clémente, avec plusieurs projets prometteurs en tête. Et avec une confiance similaire à celle d'un Lionel Messi qui inscrivit encore 2 buts la veille au soir, face au Milan AC.
Le lendemain matin, nouvelle course et nouvelle offensive pour percer le cocon nuageux qui nous enveloppe à 2500 m, à l'approche du col des Aiguilles Crochues. C'est carte et boussole en main que nous progressons pour ne pas louper les apparitions soudaines du décor alpin. Cependant dans cette ambiance cotonneuse, quelque chose est étrange, il est 10H00 du matin et nous avons anormalement très chaud : un foehn flagrant est de la partie, adversaire redoutable que l'on devine agir sur le manteau neigeux, d'autant que la dernière couche est récente et que l'inclinaison s'accentue. Déjà des boules de neige roulent toutes seules sur la pente, la décision est alors prise rapidement : repli "tacquetique", nous tournons les spatules à 180° et amorçons la descente en terrain sécurisé. Damned, encore un but de pris ! Cependant, nous apprécierons d'autant nos analyse et décision que nous croiserons plus bas un binôme d'anglais, s'apprêtant à… suivre nos traces de montée sous prétexte qu'elles étaient là ! Information fut donc donnée à ces joueurs remplaçants impromptus.
Dur, dur, le score s'inverse en notre défaveur : 1 - 2

Rentrés au vestiaire et redescendus à notre camp de base –l'agréable refuge CAF du Tour dont nous saluons avec sympathie les gérants, pour l'accueil, la cuisine et le conseil montagnard-, le moral des troupes remonte vite en consultant les prévisions météo du lendemain, annonçant une matinée enfin ensoleillée. Décision est alors prise de monter en altitude parcourir la bien connue et joliment nommée "vallée blanche", une 1ère pour quasiment toute l'équipe.
Dès le lever du jour suivant, nous comprenons que la chance a changé de camp et nous courrons attraper la 1ère benne pour l'aiguille du Midi. La suite de la journée ne sera qu'émerveillements et plaisirs, grâce au choix d'un itinéraire "bon skieur", nommé "le petit envers", qui nous verra slalomer dans de la "peuf" toute fraîche, au milieu de ce cadre majestueux et historique de l'alpinisme, avant de finir tout schuss sur la mer de glace. Enfin nous marquons un nouveau but, celui de l'égalisation, mais quel beau but ! Tant et si bien que notre milieu de terrain, joueur numéro 10, l'homme qui sait tout faire, mais se présente avant tout comme un grimpeur invétéré à l'ascèse irréprochable, connut la Révélation et se convertissait le soir même à un Free ride débridé et à sa fun attitude -dont la seule fin est de tracer la descente-, en achetant des skis semi-fat qui vont bien (et en se faisant tatouer "Rider Tonio" dans le dos, mais ne le répétez pas, cela reste son jardin secret !).
Score final : 2 partout donc, mais avec du très beau jeu.

Quant à la suite du parcours vers Zermatt, nous envisageons déjà un match retour l'an prochain, en toute confiance et sérénité, car tout vient à point à qui sait attendre.

En cette fin de grand match réussi, il ne reste plus qu'à saluer Guillaume pour l'organisation, toute l'équipe pour la bonne humeur, les parents d'Alain pour la pause gastronomique, lors du trajet aller, agrémentée de spécialités bourbonnaises et enfin, Richard, notre coach émérite depuis des années -qui ne nous accompagnait pas cette fois-ci.


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- Liens vers des albums photos supplémentaires :

 

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