Carnet de route

Rando à ski dans le Marcadau

Sortie :  du

Le 25/04/2012 par Urvoy - Matthieu

Cette fois ci, c'est à Louis que l'on doit une nouvelle expédition en ski de rando dans le Marcadau. Déjà un mois plus tôt, à Gavarnie, les yeux de ceux qui connaissaient cette vallée pétillaient à sa simple évocation. Nul besoin de mots pour me convaincre : dès le retour, j'appelerai donc Louis qui justement proposait une sortie dans cette vallée.

Au final, nous sommes huit à partir le vendredi soir : quatre nantais (Louis, Isabelle, Bernard et moi-même) ainsi que quatre nazériens (Damien, Jean-Marc, Laurent et Stéphane). Et comme la dernière fois, tous dans un minibus, formule économique et surtout conviviale !

Montée au refuge Wallon

Le lendemain matin, une fois chaussures et skis loués, nous rejoignons le parking de Pont d'Espagne peu après 11h. Rapidement, nous quittons la "foule" à mesure que nous remontons la piste de ski de fond, quand enfin, le panneau "fin du domaine skiable" apparait, un augure à la sensation de liberté qui ne nous quittera pas du week-end tant le Marcadau est sauvage et loin de tout.

Le sentier d'été nous amène au refuge ou nous posons les sacs avant de repartir faire un tour dans la forêt. Ou plutôt dans les arbres devrais-je dire ; l'après-midi est déjà bien avancé et les branches récalcitrantes. Laurent et Damien sonnent la retraite, d'autant plus que c'est l'heure de la bière. Et quelle vue depuis la terrasse du refuge ! Louis y retrouve son cousin, en sortie avec le CAF de Toulouse ; heureux hasard qui se répète pour la seconde fois en quelques années ... le monde est petit !

Le col de la Fâche à la sauce toulousaine

Départ à 9h pour le col de la Fâche, 2600m, et donc 800m de dénivelé depuis le refuge Wallon. Les toulousain sont partis un peu avant, et laissent donc derrière eux une trace que bien entendu nous suivons. Une montée régulière aux couteaux nous amène à un des lacs de la Fâche. Le pauvre Stéphane commence a être assailli par les crampes ; d'abord les cuisses et les mollets, classique me direz-vous, puis c'est ensuite au tour des bras, et même le pouce s'y met aussi ! Heureusement, le sourire revient rapidement devant le paysage qui s'offre à nous.

Nous voilà bientôt au col de la Fâche ... tout du moins c'est ce qu'indiquent les altimètres de Louis et de Damien ... pourtant, la trace continue à monter et toujours pas de col en vue. Bon, surement un problème de calibration des altimètres ; qu'à cela ne tienne, continuons à monter vers le col qui doit être juste au-dessus.

C'est encore raté : au sommet d'un épaulement, nous apercevons ce que nous pensons être le col 500m plus loin et 100m plus haut. Les toulousains, eux, sont déjà dans la descente ... mais nous ont toujours laissé leur trace, dont une traversée quelque peu engagée où nous serrons tous un peu les dents.

Une fois en haut, la vue est magnifique, et l'effort récompensé au-delà de toute attente. Mais où sommes nous exactement ? Les altimètres indiquent maintenant plus de 2800m. Et surtout, la descente de l'autre côté du col est, comment dire, assez verticale. Du genre à faire en rappel. Bizarre pour un col, non ? Sortons la carte et faisons le point : non, nous ne sommes décidément pas au col, mais plutôt sur l'arrête entre la Petite Fâche et le Pène d'Aragon ; et oui, les altimètres disaient vrai.

La pause est courte au sommet, il parait que le vent est froid ; nous redescendons pour manger plus à l'abri. Plus tard, nous retrouvons les toulousains : le groupe que nous suivions s'était effectivement fourvoyé jusque la Petite Fâche, avant de redescendre pour remonter au col de la Fâche, puis au Pic de Cambalès. Sacré détour ! Histoire de se fatiguer encore un peu, nous déchaussons pour remonter un épaulement pour rejoindre le chemin de descente. Comme d'habitude, bière et vin(s) chaud(s) nous attendent au refuge ... toujours s'hydrater !

Vallon et col d'Aratille, col des mulets, et retour par la vallée de Gaube

Départ plus matinal (8h) pour le vallon d'Aratille : c'est une longue étape qui nous attend aujourd'hui puisqu'il nous faut passer deux cols et redescendre toute la vallée de Gaube pour retourner à Pont d'Espagne. Stéphane, lui, préfère redescendre directement à Pont d'Espagne : le souvenir des crampes de la veille est encore douloureux. La montée au col d'Aratille est variée ; d'abord nous progressons entre les arbres, puis mettons les couteaux à la sortie de la forêt, où la pente s'accentue et une barre rocheuse nous attend. Un peu de plat au lac d'Aratille pour se reposer, et c'est reparti pour la dernière section à grimper.

Petite pause au col pour y rassembler les troupes et grignoter (Louis, merci pour tes citrons !) avant de redescendre à skis une bonne centaine de mètres : la neige a bien fondu et la traversée pour rejoindre l'attaque du col des Mulets se fait plus en contrebas. Nous goûtons alors aux joies d'un superbe pierrier qu'il nous faudra complètement traverser ; certains d'entre nous s'en souviendront, les chaussures de ski et les skis qui ballottent sur le sac à dos n'aident pas à l'équilibre ... et les sacs sont lourds !

Dernière grimpette pour rejoindre le col des Mulets ... où une superbe descente sur les Oulettes nous attend. Isabelle, avec peu de succès, en profite pour m'apprendre le planter du baton. Notez que je n'accuse pas le professeur, mais plutôt le cancre que je suis ! Une fois en bas, je cours au ruisseau pour y prendre à boire, je relève la tête, et c'est le choc : j'ai en face de moi la face nord du Vignemale ! Si je l'ai admirée de nombreuses fois en photo (j'ai très envie d'y grimper), je la vois en vrai pour la première fois ...

Une fois restaurés, nous quittons le refuge des Oulettes pour la longue descente qui nous attend jusque Pont d'Espagne. Joli parcours qui emprunte neige et cailloux, serpente entre les sapins, et nous conduit même à skier sur le lac de Gaube. Nous rejoignons finalement la station de Pont d'Espagne et y empruntons la piste ; tout d'un coup, j'ai l'impression de savoir skier. Damien aussi, tellement qu'il en profite pour chuter devant un groupe de randonneur en raquettes à qui le guide explique, non sans ironie, que nous sommes en ski de rando, d'où les gros sacs et les piolets, et que "d'habitude, ils skient bien". Nous rejoignons enfin Stéphane au parking, épuisés, mais ravis d'un tel week-end. Louis, c'est quand tu veux pour remettre ça !







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