Carnet de route

Le Montcalm à skis, une petite promenade de santé

Sortie :  du

Le 03/05/2012 par Matthieu Urvoy

Envie d'une dernière petite sortie à skis avant la fin de l'hiver ? Ça tombe bien, Lionel propose une petite balade au Montcalm, petit sommet Arriégeois dont le sommet arrondi culmine gentiment à 3077m. La première tentative est annulée pour cause de risque d'avalanche trop élevé (finalement, ça passait bien dixit les locaux); et la sortie est donc reportée d'une semaine.

Nous serons quatre. Lionel réalise là sa première sortie de l'hiver et n'est soit-disant pas en forme. Idem pour Christian qui nous rejoint depuis Rennes. Alain, enfin, remplace Antoine qui n'a pas pu se libérer pour la seconde tentative. En d'autres termes, trois machines de guerre que je vais essayer de suivre pendant  3 jours.
 
Une fois n'est pas coutume, Alain et moi partons vendredi matin (très) tôt de Nantes pour rejoindre Lionel et Christian en Vendée. Changement de voiture, et hop, direction Toulouse, puis Ax-Les-Thermes où nous arrivons en tout début d'après-midi. Location de chaussures, casse-croûte, et un dernier bout de route pour rejoindre le parking de l'Artigue au-dessus de Vicdessos d'où nous partirons vers 16h30.
 
Montée au refuge de l'étang du Pinet
 
Il fait chaud depuis quelques jours : il nous faudra d'abord monter quelques 300m de dénivelé à pieds avec les skis sur le dos. Cette fois-ci, c'est un vrai chemin, et pas un pierrier comme la fois d'avant (voir le Marcadau). Au sortir de la forêt, nous pouvons enfin chausser les skis et admirer le raidillon de 700m qui nous amènera au refuge du Montcalm. Dur dur la montée, surtout après 8h de route et une nuit de 3h.
 
La pente s'accentue assez rapidement ; pas de problème pour Alain, Christian et Lionel qui continuent à monter comme si de rien n'était. De mon côté, je glisse, mais pas en avant (ndlr, en arrière, donc). "Mets toi en arrière" me lancent Lionel et Christian : je suis trop vers l'avant et ne mets donc pas assez de poids sur les talons. Ok ... mais quand même, ça glisse ! Lionel constate que les peaux de mes skis sont assez étroites et n'atteignent pas les carres de mes skis : à chaque fois qu'il me faudra prendre des carres, je n'aurai donc pour ainsi dire pas de peau pour m'empêcher de reculer. Me voilà donc une excuse toute trouvée pour justifier de ma lenteur.
 
Je sors donc les couteaux , d'autant qu'il est déjà 19h et que la neige a déjà bien redurci. Techniquement parlant, cette sortie s'annonce bien difficile pour moi, mais d'autant plus intéressante car très pédagogique. Un dernier effort nous amène au refuge Pinet, non gardé bien entendu, où nous sommes une petite dizaine à passer la nuit. Rincé, je ne tarde pas à m'endormir une fois le repas englouti.
 
Le Montcalm ... 
 
Et c'est déjà le matin. Tout commence par un petit raidillon ; rien de tel que des conversions pour se réveiller. Décidément, j'ai vraiment du mal avec mes skis - note pour la prochaine fois : prendre des skis paraboliques à ma taille -. Vient ensuite une traversée quelque peu exposée où l'on veillera à ne pas tomber. Bien entendu, la traversée est agrémentée de quelques coulées d'avalanches où la trace fait place à un dédale de blocs de glace.

Au tour maintenant d'un couloir bien raide que Lionel me propose de monter à pieds tant j'ai du mal à y réaliser mes conversions. C'est effectivement le bon choix ; seules mes jambes ne sont pas d'accord et manifestent bientôt leur mécontentement à grand renfort de crampes quand, à chaque pas, je m'enfonce jusqu'aux genoux dans la neige qui y est croûtée. En haut du couloir, je suis bien entendu épuisé.
 
Reste encore 600m avant le sommet. Lionel en profite pour me prodiguer un cours de conversions niveau 2 : bientôt, ses conseils et sa technique se révèlent fructueux puisque je me fatigue 3 fois moins à chaque virage. Nous voilà bientôt arrivé à un replat, d'où l'ont peut admirer l'arrête qui joint le Montcalm à la Pique d'Estats, second objectif de la journée. C'est par une combe que nous rejoignons cette arrête, où je laisse les trois bolides partir devant. De mon côté, je monte doucement : l'altitude de 3000m et les 1000m de dénivelé se font sentir. Encore ce moment magique où le paysage se dévoile peu à peu, la vue se dégage de tous les côtés, et l'effort touche enfin (déjà ?) à sa fin. C'est beau, l'Ariège, vu d'en haut !
 
La fatigue a raison de nous, aussi nous abandonnons l'idée de gravir la Pique d'Estats. Restent donc 2000m de descente jusqu'au parking où nous nous étions garés la veille. Wooouh, c'est pentu, la descente ! Et les skis droits, ben, ça va droit. Cette impression de se retrouver à nouveau dans la peau d'un skieur débutant, c'est assez désagréable. Les bains de poudreuse se succèdent les uns aux autres, et je finis par descendre en dérapant. Je salue ici la patience et la pédagogie de Lionel qui fait surement les frais, bien malgré moi, de ma crispation et de ma fatigue.
 
C'est décidé, ce soir, je vais louer des skis qui tournent (i.e. paraboliques), à ma taille, avec des peaux plus larges. Heureusement, nous voilà bientôt sortis des passages les plus délicats. Reste donc la traversée jusqu'au refuge où nous faisons une pause bronzette sur la terrasse. C'est qu'on y est bien, ma foi ! Mais il faut tout de même redescendre jusqu'à la forêt, où nous déchaussons pour terminer la descente à pieds. Direction le loueur de skis, donc, puis notre gite pour la nuit sur la route d'Andorre. Magnifique journée, et encore merci à Lionel, Christian et Alain pour leur encadrement !
 
Pic de la mine en traversée depuis le col de Puymorens
 

Dernier jour déjà : nous prévoyons donc une sortie plus modeste. Direction le col de Puymorens où nous chaussons les skis en direction de Font Negra. Nous devons d'abord traverser une partie de la station de ski. Le paysage que je trouvais au départ assez peu intéressant retrouve tout son intérêt une fois les installations de la station derrière nous. Lionel ouvre toujours la voie, à travers un dédale de petits dômes enneigés, au milieu desquels nous serpentons. L'endroit est étrange mais remarquable.

 

Bientôt, nous rejoignons un premier ressaut d'où nous pouvons voir l'objectif de la journée. Il est 10h30, la neige commence déjà à fondre, et je trouve les pentes de Font Negra peu engageantes. Lionel confirme cette impression et préfère bifurquer en direction du Pic de la Mine. Si son ascension est tout à fait évidente par la voie normale, elle ne nous est pas accessible puisque nous sommes déjà bien trop engagés en direction de Font Negra. C'est par l'arrête sud que nous rejoindrons le sommet.

 

Nous rejoignons d'abord un petit col à 2600m en contrebas du sommet. Reste donc 80m à gravir le long d'une arrête en mixte. Il nous faut donc déchausser les skis avant de les mettre sur le sac à dos. Qu'il est doux d'avoir ses skis sur le dos, surtout quand quelques pas d'escalade, même faciles, nous attendent ! Surtout qu'ils usent de plein d'artifices pour pimenter l'escalade : tantôt ils ballotent et nous déséquilibrent lorsque nous marchons sur le fil de l'arrête ; tantôt ils se bloquent dans les rochers au dessus de nos têtes, interrompant ainsi notre progression quelque peu brutalement. Mais quel plaisir d'être sur cette arrête !

 

Déjà le sommet et sa foule d'espagnols. Nous redescendons quelques mètres pour le casse-croûte (Lionel, ton chocolat au piment était très bon !) ; superbe belvédère sur les environs et place de premier choix pour admirer les chutes en tout genre. Puis c'est reparti pour la dernière descente, sur les pistes de la station, où je peux enfin skier de nouveau grâce à mes nouveaux skis qui tournent à la descente et qui accrochent à la montée. Et voilà : une autre sortie s'achève. Merci à Lionel, Alain et Christian pour leur excellente compagnie ... et j'espère à une autre fois !







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