Carnet de route

Chamonix Zermatt – Suite et Fin

Sortie :  Raid à ski Tödi (Suisse) du 04/04/2015

Le 31/03/2013 par Antoine Riche

Rappel du premier épisode. En Avril 2012 six skieurs du CAFNA se lancent sur la célèbre Haute Route reliant Chamonix à Zermatt. Après une traversée d'Argentière à Champex par le Plateau du Trient sous un soleil radieux, les prévisions météo obligent l'équipe à renoncer à la deuxième partie du raid … et à la programmer pour l'année suivante.

Voir le récit détaillé : Raid à ski Chamonix-Zermatt : 4 très beaux buts !?

 

Cette année nous sommes cinq. Guillaume et Bénédicte tout frais diplômés initiateurs ski, Alain l'alpiniste et nouveau skieur émérite, moi-même et mon frère Olivier de Montpellier.

 

L'enneigement est bon et nous partons skis aux pieds de Bourg Saint-Pierre. Nous remontons la vallée de Valsorey jusqu'à la cabane (traduction en Suisse de refuge) du même nom située à 3037 m. L'itinéraire est simple et nous gravissons les 1475 mètres de dénivelé sans difficulté. En cours de montée un polonais esseulé et lourdement chargé se joint à nous. Nous comprendrons plus tard que son compagnon de cordée parisien l'a distancé et n'a pas la patience de l'attendre. Cette cordée improbable nous accompagnera les deux jours suivants, c'est-à-dire jusqu'à ce que la visibilité permette à chacun de redescendre dans la vallée sans se perdre.

 

Le deuxième jour est plus technique et assez engagé. Il commence par l'ascension au Plateau du Couloir par une pente atteignant 45 degrés. Guillaume chauffe les cuisses et fait la trace dans une épaisse couche de neige tombée dans la nuit. La pente se redresse, nous mettons les skis sur les sacs et chaussons nos crampons. Alain s'illustre en traversant en légère descente un couloir avalancheux, nous suivons un par un. Encore un effort et nous débouchons sur le Plateau à 3680 mètres. Si nous pouvons admirer les pentes de la face sud du Grand Combin, nous devons plonger dans les nuages pour le reste du parcours. Nous rejoignons le col du Sonadon à la boussole et descendons le Glacier du Mont Durand guidés par Guillaume qui nous fait une belle démonstration d'orientation – la visibilité dépasse rarement une vingtaine de mètres. Le GPS ne servira qu'une fois pour confirmer notre position avant de descendre prudemment un petit vallon jusqu'au torrent d'Otemma. Nous le remontons par un joli défilé et atteignons la cabane de Chanrion (2462 m) alors que la nuit approche. Après une journée de 11 heures nous avons à peine le temps de quitter nos chaussures que le repas est servi. Mais la tension ne se relâche que trois heures plus tard, lorsque l'équipe de Luchon partie de Valsorey en même temps que nous arrive au refuge après quelques déboires …

 

La météo du troisième jour nous amène à préférer un itinéraire plus monotone mais plus sûr que le passage par le Pigne d'Arolla : la longue remontée du Glacier d'Otemma. Après une brève descente nous remontons un défilé bordé de glace et entamons la montée à l'ombre des crêtes marquant la frontière avec l'Italie. Le soleil nous chauffe un court instant puis nous devons affronter les nuages qui arrivent par le haut du glacier. Malgré les capuches la neige nous fouette les joues et nous suivons tête baissée la trace qui disparaît vite sous la neige poussée par le vent. Nous passons une épaule et atteignons à tâtons le col puis la cabane des Vignettes à 3157 mètres.

 

Nous découvrons le paysage au réveil. Les nuages sont partis et nous n'en verrons pas un seul de la journée. Tant mieux car nous avons trois cols à franchir et 28 km à parcourir jusqu'à Zermatt. Le second col, le Col du Mont Brûlé, est le plus technique. Un guide suisse parti en tête joue de prudence pour le franchir, il alterne lacets à ski et montées en crampons en évitant soigneusement le couloir de droite susceptible de cacher une plaque à vent. Au col nous pouvons apprécier la route parcourue depuis le Col de l'Evêque … et celle à venir jusqu'au Col de Valpelline : le long Glacier de Tsa de Tsan en versant italien. La fatigue et l'altitude se font sentir, Olivier réclame la pause repas et tout le monde approuve. L'émotion est forte en arrivant au Col de Valpelline : la vue sur la face Ouest du Cervin est époustouflante, les glaciers suspendus de la Dent d'Hérens sont impressionnants, quel décor ! Nous rangeons définitivement les peaux et entamons la longue, longue descente jusqu'à Zermatt en passant au pied du Cervin. Après les mélèzes nous retrouvons pistes gelées, skieurs fonceurs, terrasses de café animées et bruyantes, mais aussi les typiques chalets du Valais perchés sur leurs disques de pierre.

 

Cà y est, voilà, nous y sommes. Zermatt. La Haute Route est bouclée. Exigeante techniquement et physiquement, se frayant un chemin dans un décor à couper le souffle, elle mérite bien sa réputation. Malheureusement la météo se dégrade à nouveau les jours suivants et nous devons renoncer à parcourir les 4000 du massif du Mont-Rose. Castor et Pollux, la Punta Gnifetti, etc., devront attendre encore un peu avant de porter nos spatules ...

 

Le récit en images, vu par Antoine, par Olivier et par Alain. Et ne manquez pas les super panoramiques de Bénédicte.

 







CLUB ALPIN FRANCAIS NANTES-ATLANTIQUE
14 RUE BATONNIER GUINAUDEAU
44100  NANTES
Contactez-nous
Tél. 02 40 73 64 79
Permanences :
mercredi 19:00-20:30
Activités du club
Agenda