Carnet de route

Semaine pyrénéenne

Le 28/08/2013 par Dumas - Olivier

Cette semaine du 15 Août 2013 aura été un des plus beaux morceaux de ma vie de pyrénéiste.

Partie 1 : Je me fais emmener

C'est inhabituel pour moi qui grimpe souvent devant mais pour l'année de mes 50 ans j'ai décidé de prendre un guide, avec un objectif précis qui va se réaliser comme on va le voir.

J-1 : avec Christian on se retrouve dans cette belle vallée d'Aspe chez Dominique avec qui on fera cordée. C'est une femme très dynamique déjà grand-mère d'un petit garçon de 5 ans.

J1 : nous parcourons une voie majeure de l'histoire du pyrénéisme, la face Est de la grande aiguille d'Ansabère (ou aiguille Nord), qui dans son temps a résisté aux meilleurs grimpeurs d'avant-guerre, avant que le grand surplomb qui les arrêtait ne soit franchi en 1954 par le père et l'oncle de Christian. Depuis 2-3 ans il n'existe plus : son effondrement a laissé place à une tâche blanche visible à des kilomètres. De très athlétique le passage est devenu lisse, fine escalade engagée pour le grimpeur de tête.

Dans l'ensemble l'itinéraire est aussi varié que la qualité de son rocher. C'est une voie sérieuse qui ne doit pas être du goût de tous les grimpeurs modernes en quête d'aseptisé. Il y a peu d'équipement et c'est bien soutenu (TD+ pris dans son ensemble). A plusieurs reprises d'impressionants éboulements se font entendre sur notre gauche. Pour ma part j'aime bien ce terrain où il faut grimper comme un chat en sollicitant le moins possible le rocher, pas toujours mauvais quand même. Dans la fin de la longueur clé Dominique fait tomber un petit friend dans la cheminée de départ. Du coup je la ferai une seconde fois.

Le sommet est atteint en 5h30 d'escalade. La descente complexe ne s'improvise pas : le guide lui-même doute de l'itinéraire et manque coincer la corde dans le rappel de la dramatique longueur Calame-Carrive.

Plus tard nous nous retrouvons autour d'un café chez le berger d'Ansabère qui m'avait hébergé en 2008 avant l'ascension de l'aiguille Sud (par la face Sud, car pour l'instant je laisse le spigolo aux "vrais", comme il dit).

Puis la bière sera bue à Lescun chez François Carrafancq, l'homme qui l'a fait en solo, le spigolo, et merveilleux peintre.

Une vue des aiguilles

Le topo

Le site dédié à Ansabère

Encore de belles photos des aiguilles

 

J2 : journée de transition … tu parles !

Dans nos carrosses on change de vallée via le col de Marie Blanque qui est si joli.

Puis nous passons côté espagnol et après une approche courte (3/4 h) nous parcourons à 3 en 3h une voie très récente de 250m à la Pena foratata (forata = percée, il faut donc croire qu’elle l’est 2 fois). Le rocher n’est pas sans rappeler celui des Aravis et la cheminée finale 6b est vite avalée.

Après la bière et les olives à l’ancien poste de douane on monte au refuge de Pombie où la baignade est la bienvenue.

Un reportage complet sur cette voie

 

J3 : c’est le grand jour.

Mais il a plu une partie de la nuit et les prévisions sont identiques pour la journée.

Le matin le ciel n’est pas si chargé. On va voir le pied de la paroi qui s’avère encore bien humide ce qui est gênant car la voie n'est pas équipée.

Christian s’engage quand même dans la première longueur avec prudence et je suis très vigilant sur l’assurance. Finalement entre soleil et brouillard ce sera la seule partie vraiment mouillée, et on progresse bien dans les longueurs soutenues de la voie des surplombs. L’itinéraire est complexe et il vaut mieux ne pas se gourer car les lignes croisées offrent des difficultés nettement supérieures (Eliminator notamment).

Arrivés au cirque gris, endroit pittoresque où j’avais dû improviser un bivouac en 1995, on enchaîne une autre voie au dessus : l’éperon de la super Jolly, moins soutenue mais avec quelques beaux passages retors et parfois athlétiques.

La camarade montre des signes de fatigue, mais comme dit l’alpiniste-écrivain Erri de Luca « La cordée est le contraire de un et de sa solitude suffisante », donc en se soutenant après 7h30 de grimpe nous voilà en haut.

Descente par la voie des vires, étroit balcon suspendu entre vide et paroi agrémenté de montées / descentes en III où il faut rester vigilant. Puis glissement entre glace et rocher, long pierrier, refuge, descente et retour au parking à 20h passés, rompus mais ô combien ravis de cette journée qui n’était pas gagnée.

Karine et Léon, les gardiens du refuge de Pombie

La muraille de Pombie

La cordée de trois au refuge après 3 jours intenses de montagne.

 

Partie 2 : changement de secteur

Une journée de repos après cet enchaînement de 30 heures de montagne. Je traverse plein Est des pyrénées espagnoles très variées. D'abord des paysages très verts, villages propres, touristiques et rénovés on se croirait en Suisse. Brusquement tout change : végétation et sol s'assèchent. Je quitte la route principale, dans un village pittoresque la route est une impasse. Demi-tour et dans un lacet je me baigne dans une belle vasque sauvage alimentée par une petite cascade. Puis c'est Ainsa et le tunnel de Bielsa, un autre climat côté français.

 

Partie 3 :  au pays de Pascal Ravier

Cette fois c'est mon tour d'encadrer comme chaque 15 Août. Le team d'aventuriers se regroupe : Pascal Marin revient en 4 ième session, Franck et Mathilde repiquent. On accueille un nouveau pyrénéiste prometteur en la personne de Thomas.

4 jours pour 4 voies ouvertes par un certain Pascal Ravier, cousin de Christian avec qui on aura l'occasion de tailler une bonne bavette au Carlitz chez Francis, haut lieu d'observation de la muraille sud Ramougn-Néouvielle, lunette sur pied à l'appui. A ne manquer sous aucun prétexte quand vous irez à Cap de Long.

Hormis la dernière réalisée par Franck et Thomas le dimanche avant le retour à Nantes, toutes les voies étaient de type T.A. avec peu voire aucun équipement et tous les participants ont grimpé en tête en posant leurs protections sur ce terrain qui se prête bien à l'apprentissage, donc il est probable qu'on reviendra.

Un incident heureusement sans gravité a occasionné une légère blessure dans la première longueur de la première voie. Cela doit nous rappeler que même sur rocher fiable sur ce type de terrain on doit au mieux tester les prises et tirer au minimum en privilégiant plutôt les appuis de pieds.

Parking sauvage (D+) 200 m environ près du Ramougn

L'île aux enfants (D+) 200 m environ juste à côté

Les canes de Jeanne au Cap d'Aou (D) 160 m, très joli coin pleins de bonnes odeurs en moyenne montagne au dessus de Sarrancolin qui est célèbre pour ses carrières de marbre de très haute qualité, exploitées depuis l'Antiquité

et enfin

Embarquement immédiat près du parking de Cap de long, voie moderne de 200 m jusqu'à 5c

 

Diaporama de Franck

Diaporama de Mathilde

Voilà pour cette 4ième année d'un cycle de 5 ans. Rappel des sessions précédentes :

2010 : La Mâture, Riglos, Agüero & Besiberri

2011 : Pedraforca

2012 : Balaïtous

Plusieurs options sérieuses sont envisagées pour 2014 : re-Néouvielle, Ossau, Vignemale ...

 







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