Carnet de route

Le petit Vignemale, WE du 14 au 16 mars

Le 03/04/2014 par Prou - Christophe

Pour cette sortie de formation alpinisme organisé par Christophe, nous avons été comblés.

Tout commence le lundi précédent le WE de sortie. Plus qu'une simple réunion, Christophe nous montre les relevés météo à effectuer avant de se lancer dans une sortie hivernale. Les débutants se rendent vite compte qu'ils ont beaucoup de choses à apprendre. Et ils ne seront pas déçus !

En tout cas cette sortie s'annonce prometteuse, les conditions sont bonnes et même très bonnes. Nous décidons de partir le jeudi soir.

Je ne vais pas m'appesantir sur le trajet que beaucoup connaissent: Nantes, Bordeaux, pique-nique, Pau/Lourdes/Tarbes, hôtel première classe/Formule1, levée, petit déj, stationnement voiture.

L'objectif de la sortie est double: faire une course d'alpinisme et en apprendre les principales techniques. La course proposée par Christophe est la voie des séracs au petit Vignemale, nous logerons au refuge des Houlettes de Gaube en partant du parking du pont d'Espagne.

Il est environ 9h30 quand nous commençons la montée vers le refuge. Il est prévu trois heures de marche, c'est le temps qu'il nous faudra. Cette montée est très belle l'hiver avec le lac de Gaube gelé.

Arrivée au refuge nous prenons nos marques et mangeons de bon appétit. Puis première séance de formation. Nous voyons en détail les techniques d'encordement pour glacier et ascension, sans oublier l'indispensable pourquoi du comment. Parce que le but est avoué, il ne suffit pas de reproduire une technique, mais bien de comprendre comment elle fonctionne et dans quelles circonstances l'utiliser.

Le soir arrive ainsi que de nombreux autres skieurs/alpinistes. Le week-end est magnifique, tout le monde est de sortie.

 

Nous partons le lendemain matin à la lueur bien connu des frontales (enfin pour moi c'était nouveau) pour une approche de 2h00 vers le départ de la voie ses séracs. Durant cette approche le soleil se lève et illumine les plus hauts sommets, c'est aussi pour ces moments que nous aimons tant la montagne.

La course consiste à contourner un sérac, traversée le glacier qui se trouve au dessus et trouver un champ de neige vers la gauche qui doit nous conduire sur une arête menant au sommet. Nous sommes trois cordées de deux: Christophe/Thomas, Olivier/Fabrice, Vasil/Franck.

Petite précision, il faut savoir que nous avions aussi parmi nous un surfeur dans la personne de Franck. Chapeau bas pour l'approche sans raquettes et l'ascension avec un surf sur le dos.

 

Nous nous équipons et commençons l'ascension en nous dirigeant vers la droite du sérac. Partant de la gauche notre itinéraire nous emmène sous le sérac. De petits éboulis frôlent la neige, l'ambiance est nouvelle pour le débutant. Mais tout le monde est serein, il est tôt et la journée s'annonce des plus prometteuses. Soudain un cri, des bruits de mouvement, l'impression qu'il se passe quelque chose, le temps de nous retourner et nous voyons Olivier d'abord, couché sur ses piolets et plus loin Fabrice qui finit de glisser retenue par la corde. Il semble avoir mal à la jambe mais non finalement tout va bien. Nous apprendrons plus tard qu'il à été heurté par un éboulis et l'impressionnante marque rouge du haut de sa cuisse en témoigne. Au passage Olivier, couché sur le sol, à reçu un petit éclat sur le nez, là non plus rien de grave.

 

Rapidement nous repartons et contournons le sérac par la droite. Une petite difficulté se profile tout de même, Christophe pose une broche et nous dépassons tous le sérac en sécurité. S'ensuit une succession de lacets vers la sortie du glacier. Nous distinguons très mal la rimaye et Christophe nous explique comment retrouver sa trace.

Nous réduisons maintenant nos encordements pour nous retrouver à 3 mètres par cordée les uns des autres. Le parcours consiste maintenant à nous diriger vers la gauche à la recherche d'un champ de neige qui doit nous conduire vers une arête conduisant au sommet. L'exercice devient différent, la pente plus importante. Puis vient le premier passage ou il faut bloquer le piolet sur les rebords de la glace, utiliser ses crampons pour renforcer son assise, c'est une sensation extraordinaire d'être là. La traversée continue, plus longtemps que nous nous y attendions, il n'y a pour l'instant aucun passage correspondant au champ de neige décrit dans le topo. Puis vient une difficulté un peu plus importante. Christophe décide de rejoindre un rocher au delà du 'pas' pour poser un relais et nous faire passer en toute sécurité.

Le relais se trouve dans un étroit couloir qui semble monter directement vers l'arête. Par acquis de conscience Christophe et Olivier décide de vérifier s'il existe aussi un passage plus à gauche: c'est Olivier qui s'y colle. Il trouvera un passage un peu plus loin mais qui nécessite d'effectuer une  nouvelle traversée. L'étroit couloir sur lequel nous nous trouvons est engageant, Olivier et Fabrice s'élancent les premiers, suivis par Vasil et Franck puis Christophe et moi-même.

La surprise est grande et la récompense encore plus lorsque  nous arrivons les uns après les autres directement au sommet. Ce petit couloir avait tenu ses promesses en nous conduisant exactement là où nous voulions allés: au sommet.

 

Après l'ascension vient toujours le moment de la descente. Pour Franck, forcément c'était plus facile, en même temps il l'avait mérité.

Que dire, il a fait chaud, le soleil brillait c'était plutôt agréable ... jusqu'à ce que nous mettions les raquettes. Nous avons souffert avec Vasil et avons fini sans, à nous enfoncer dans la neige.

 

Arrivée au refuge nous mangeons (on passe beaucoup de temps à manger en fait) et 'débriefons' la course, les raisons qui conduisent à tel ou tel choix, l'itinéraire, les signes à observer, ... L'après midi passe tranquillement, puis la soirée et c'est l'heure de se coucher.

 

Dernier jour, Christophe à prévu une école de neige. Nous rejoignons une pente de neige à l'abri d'éventuels risques. La neige est juste assez dur pour l'exercice, nous commençons donc par apprendre à s'arrêter avec un piolet lorsqu'on glisse sur une pente de neige. D'abord les pieds en avant puis tête la première. Vasil s'avère un cascadeur hors pair reproduisant des chutes plus réaliste les une que les autres.

Nous apprenons ensuite à confectionner un relai sur neige avec un piolet pour ensuite s'en servir à retenir une personne tombé dans une crevasse. La matinée est studieuse tout en étant décontracté et agréable.

 

Puis après un dernier repas au refuge, c'est le temps du retour. Une belle balade en raquette nous attend, Franck à prévu de descendre en Snow.

 

Pour conclure, merci à Christophe pour tous ses conseils et sa patience, mais surtout pour ses qualités de climatologue, là il nous a bluffés.

 

Thomas

 

Lien vers l'album des photos de cette sortie :

http://www.majou.fr/piwigo/index.php?/category/2

 







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