Carnet de route

comment se re-Posets (ah ! ah !)

Le 05/08/2014 par Paul Dandelot

Dimanche 27 juillet, rendez-vous aux Sorinières à 6 heures avec les croissants. Tout le monde est là. Tout le monde ?  Eh non, une retardataire se fait attendre ! Pendant ce temps là, jus d'orange, chocolat, café, avec ou sans lait, brioche, confiture, dans l'ordre ou le désordre, (attention la diététique !) tout ces ingrédients remplissent les ventres creux. La retardataire arrive (petit déjeuner déjà ingéré), on range tout, et hop, transbordement des sacs à dos, bâtons et godillots dans le minibus de Bernard direction l'Espagne via La Rochelle. Ça dort pendant le trajet, ça discute, ça re-dort  et nous voici arrivés à l'entrée du tunnel de Bielsa, 11 minutes d'attente, petite pause pour certaine (attention l'ortie ça pique !). Encore un peu de patience, une croisée de route caillouteuse va obliger Bernard à une longue marche arrière périlleuse aidé des signaux de Paul, puis Geneviève ira de l' avant pour empêcher tout nouvel arrivant à nous obliger à effectuer la même manœuvre. Petite marche à pied et nous voici arrivés au refuge de Viados devant le superbe massif des Posets, qu'il est beau  !

 

Lundi 28 juillet : la météo a prévu de la pluie. A peine en route, l’orage gronde. Il se rapproche, s’éloigne et nous prenons des éclaboussures plus ou moins fortes, plus ou moins longues. John caracole au loin puis disparaît définitivement, nous le retrouverons au refuge. Magnifiques vallons fleuris où le violet des iris et le blanc des ombellifères dominent le jaune de la grande gentiane ou le rose de la fleur d’églantine et de l’œillet odoriférant. Une courte accalmie permet un rapide pique-nique avant l’arrivée au refuge. Après-midi tranquille à faire sécher les affaires puis tandis que j’herborise, je rate une séance de massage collectif qui restera dans les annales jusqu’au fin fond des Pays-Bas.

 

Mardi 29 juillet : à 8 h, nous quittons le refuge d’Estos situé à 1895 m pour rejoindre le refuge d’Angel Orus (2105 m).  Nous mettons les capes avant de partir car la pluie commence à tomber. Nous suivons les gorges de Galantes. La montée est agréable, pinèdes et chemins moussus bordés de fleurs. Nous arrivons à l’abri et à l’Ibonet de Baticiellas (1870 m). Nous faisons une pause photos et en profitons pour retirer les capes de pluie. Pour atteindre le 2e lac Ibon gran de Baticiellas (2220 m) la montée est déjà un peu plus raide. Au  3e lac (Ibon de l’Aigüeda de Baticiellas) la faim et la fatigue commencent à se faire sentir, nous décidons de pique-niquer à cet endroit pour profiter du décor plutôt qu’au col de la Pllana. Le paysage est splendide, nous sommes seuls dans ce décor féerique. Après le repas nous arrivons au col (2705 m) et là, nous attend une descente longue et difficile. Terrain très minéral, gros rochers, parfois blocs branlants.   Torrent à franchir le long des gorges de Llardaneta. Nous apercevons le refuge dans un creux depuis longtemps, mais le chemin remonte, redescend et tourne. Il semble jouer à cache cache en permanence. Enfin une pancarte nous annonce 35 mn pour rejoindre le refuge, nous mettrons 45 mn. Tout le monde est épuisé, mais surtout la narratrice qui titube et se casse la figure avec « ses jambes en coton ». Nous arrivons à 18 h soulagés. Nous sommes sur les chemins depuis 8h (du matin ; de marche, nettement plus) !!!! Paul en arrivant, nous annonce qu’il a oublié son super couteau suisse au refuge d’Estos. Nous sommes désolés pour lui. Mais la communication marche bien entre les refuges.  Il le retrouvera à Viados.

Mercredi 30 juillet : 8h du matin, le ciel est bleu, nous sommes prêts à quitter le refuge Angel Orus 2115 m. John vérifie auprès de Paul : «Finalement, nous allons bien à Viados aujourd’hui ? - Oui, oui. » Rappelons que la veille, nous avons dû choisir entre l’option initiale et un autre itinéraire qui pouvait avoir une variation qui elle-même avait une autre option et aussi un autre parcours qui pouvait se décliner entre une ou deux variantes. Un méli-mélo de variations, d’options à en perdre ses quelques mots d’espagnol connus. (Ce n’était pas comme l’histoire de la vache qui ne propose que deux possibilités). A la majorité, nous avons abandonné le premier projet (peu défendu par son initiateur[1]) qui était de commencer par descendre 1100m pour rejoindre le village d’Eriste où on aurait pu se ravitailler, pour ensuite remonter 1100m sous le soleil ou le mauvais temps pour bivouaquer à 2100 m, peut être en grelottant. Nous avons préféré commencer la journée par monter pour rejoindre le refuge de Viados. Mais certaines ont été lésées de ne pas bivouaquer. Dommage pour elles ! 35 minutes de montée raide parmi des blocs rocheux avant d’atteindre la bifurcation pour Viados, puis toujours en montant, nous avons atteint le joli lac de Llardaneta. Une pause nous a permis d’y voir des poissons. Tout en le contournant, chacun nommait les fleurs qu’il connaissait. Ensuite le silence s’est fait pour gravir un couloir très raide, belle montée bel effort, un dernier coup de nez ou de « cul » pour atteindre le Col de Grist 2864 m. Longue descente parmi les rochers, les névés, les sentiers herbeux, pause pique-nique au début de la forêt puis nous avons rejoint notre but en traversant la forêt qui sentait bon les pins, les prairies fleuries où dominaient les iris bleus. 15h John nous y attendait depuis 3 bonnes heures. Bain de trois naïades dans l’eau fraîche du torrent puis étirements collectifs, originaux cette fois-ci. Un repas copieux sans banane au dessert, nous a été servi et avec «  une cerise sur le gâteau » : le beau couteau de Paul qu’il avait oublié dans un refuge précédent et qu’un randonneur lui a rapporté. Paul a dû l’arroser au Moscatel. Belle journée de montagne, comme on peut l’aimer : paysages, terrains accidentés variés, belle montée qui nous fait transpirer, descente qui requiert notre attention avec beau temps.

 

Jeudi 31 juillet, dernière journée de montagne, toute l’équipe se met en marche, sacs allégés au maximum, vers le Señal de Viados. Une douce montée de 800 mètres, au départ du refuge de Viados,  orchestrée par le pas lent de Paul, notre sage montagnard, d’abord en forêt, puis à travers des prairies éblouissantes de mille fleurs. Une journée joyeuse ponctuée de deux évènements majeurs : d’abord la naissance d’une star de la chanson montagnarde, Laurence avec son tube :  ‘Oh la vache, ça glisse la bouse’.... Puis Nelly et Laurence au sommet du Señal après un remarquable pas de 3b  engagé. Belle conclusion d’une très belle et chaleureuse randonnée.

 

Dimanche 1er août : c’est le retour en France et en mini bus, avec un inévitable stop-over au dernier supermarché avant la frontière, vins et turrón obligent…

 

Signées Laurence-Catherine-Nelly-Annick-Geneviève

 

[1] Pour des raisons humanitaires, les troupes tombant peu à peu en pâmoison au fil de sa description ; note du susdit initiateur.

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