Carnet de route

Cinéma, tome des écrins, côte-cou-nez, et paillasson

Le 22/09/2014 par Matthieu Urvoy

Comme son titre l'indique, c'est dans les Ecrins que ce nouvel épisode de l'alpinisme Nantais nous emmène. Au sommaire de cet épisode : comment éviter le mauvais temps, une découverte archéologique sans précédent, et des pâtes carbo.

Attention, ces évènements sont purement fictifs. Toute ressemblance avec des noms de lieux existants ou ayant existé ne serait que pure coincidence.

28 juin. Départ pour l'Argenterie-La-Fessée

C'est l'été depuis une semaine et il fait beau partout. Seules quelques nombreuses régions Françaises résistent encore et toujours à l'assaut du beau temps. Alain, Guillaume, Denis et Matthieu partent pour Chamonix. Enfin non. Ca sera les Ecrins en fait, le temps y est plus sûr paraît-il. Le camping d'Argentière-La-Bessée abritera nos quatre grimpeurs pour la nuit. Quelques nuages menacent mais ne découragent pas nos grimpeurs qui révisent mouflages et autres joyeusetés.

29 Juin. Montée au refuge des Chaises

Le réveil est assuré par une bonne pluie. Pas grave, aujourd'hui, on monte au refuge des Bans. La pluie cesse rapidement. La montée est rapide et jolie, les rhododendrons en fleur se succèdent aux lys orangés et autres rosiers sauvages. On croisera également le gardien du refuge qui descend, une contrebasse sur le dos. Normal. C'est le papa qui le remplace. Il nous accueille pour les deux jours à venir, avec notamment une succulente sauce aux morilles fraichement cueillis.

30 Juin. Les canines de Côte-Cou-Nez (500m, AD, topo)

Grasse matinée, lever 4h30. Une petite course nous attend aujourd'hui.

Partis du refuge à 5h15, nous voilà à l'attaque de la cheminée qui permet de rejoindre l'arête. Si les difficultés se limitent au IV, la neige résiduelle et le verglas se chargent parfois de rendre ces passages beaucoup plus intéressants. Une fois l'arête rejointe, c'est une succession d'escalades et de désescalades qui nous attend, avec des vires faciles mais parfois impressionnantes.

A noter que certains tentent d'éviter ces vires par des passages beaucoup plus compliqués. Succès mitigé, désescalade, et retour dans le droit chemin. La fatigue commence à se faire sentir, les sacs lourds, et certains n'hésitent pas à jeter leur réverso pour gagner du poids.

15h, 8h de grimpe. C'est le sommet. Il ne reste plus qu'à redescendre par le sentier évident jusqu'au refuge. Enfin ... d'abord il faut désescalader une tranchante pour rejoindre la moraine. Puis ensuite le sentier qui était évident ne l'est plus tant que ça ; ce n'est qu'à 19h que nous serons rendus au refuge, fourbus et assoiffés.

31 Juin. Montée au refuge du Glaçon Blanc.

Au programme aujourd'hui : le pic Jocelme par son couloir nord. Oui mais non, l'échauffement de la veille nous ayant quelque peu attaqués, nous décidons de redescendre (sous les sifflements des marmottes, déçues de la prestation) à la voiture pour rejoindre le Pré de Monsieur Carlos à Ailechaude. La fatigue de la veille se faisant encore ressentir, c'est au Glaçon Blanc que l'on s'arrêtera pour cette fois.

32 Juin. Montée au refuge des Ecrins

Encore une belle journée. Pour qui est au-dessus des nuages. Pour nous autres, c'est pluie, neige, accalmie et re-neige. Une fois au refuge, les uns partent faire une rapide balade sur le glacier, les autres s'attaquent à une monstrueuse portion de pâtes carbo.

33 Juin. La Tome des Ecrins (PD, topo)

Voilà le beau temps qui est de retour ; nous changeons de plan pour la énième fois et décidons d'aller à la Barre par la voie normale. Lever matinal au milieu de la cohue qui monte également vers le Dôme. Je l'ai surement déjà mentionné : il a neigé la veille. Et pas qu'un peu : il faudra châler, parfois dans 80cm de crême fraiche. Heureusement les militaires sont de la partie, et, partis un peu avant nous, se chargent de creuser la tranchée jusqu'au Dôme. Nous voilà bientôt rendus à la brêche Lorie, l'attaque de la voie normale de la Barre. Sauf qu'elle aussi est bien enneigée, si bien que nous décidons à grand regret de ne pas y faire de tentative.

34 Juin. La roche Paillasson (PD+, 200m, topo)

Encore une journée maussade, avec cependant un créneau en début de matinée. C'est donc idéal pour monter juste au-dessus du refuge et y trouver un couloir à 765°. On longe ensuite l'arête, en mixte, avec juste ce-qu'il faut de nuage pour instiller de l'ambiance à cette jolie course, qui prend fin au col Emile-Pic. Parfaite pour essuyer ses crampons.

35 Juin. Festival des Cinéastes, traversée du tapis rouge (AD, 200m, topo)

Dernière journée de notre périple : le beau temps est de retour. Au lieu de la Louisette qui est encore saupoudrée de neige au petit matin, c'est sur la pointe des Cinéastes que nous nous replions. Sans topo, c'est Alain et ses souvenirs de l'année précédente qui prennent la tête.

A noter la présence d'un surplomb à passer, modestement côté 3b. Ouais ouais ouais.

Le rocher est superbe et le parcours souvent aérien. Des arêtes comme on les aime !

Nous démontrons tant d'aisance sur cette course que Mme la Ministre de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie nous attend au camp de base pour nous y adresser personnellement toutes ses félicitations. 

36 Juin. Retour à Naoned

 

Exclusif : les premières chaussures de Sir A. Roblin retrouvées !

Détaché pour la semaine auprès du CAF de Nantes, le professeur et chercheur émérite D. Moreau, lors de fouilles archéologiques intensives dans un plat de pâtes carbo complexement intriquées, a découvert au plafond du refuge ce qu'il pense être les premières chaussures de notre vénérable Alain Roblin. Ce sont des chaussures à clous en Aile de Mouche des années 1900. Une datation au carbone 14 est en cours et permettra ainsi de lever l'incertitude sur l'âge de Sir Roblin.







CLUB ALPIN FRANCAIS NANTES-ATLANTIQUE
14 RUE BATONNIER GUINAUDEAU
44100  NANTES
Contactez-nous
Tél. 02 40 73 64 79
Permanences :
mercredi 19:00-20:30
Activités du club
Agenda