Carnet de route

La véranda au Néouvielle

Sortie :  WE dans Néouvielle du 26/02/2016

Le 06/03/2016 par Emmanuel Bourien

La véranda au Néouvielle

Pour Guillaume, Isabelle, Damien, Alain, Bernard, Vincent, Patrice et Manu la conclusion de la réunion de préparation de cette sortie au Néouvielle était : « on sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher ». Bref, Guillaume était le seul à y croire.

Forts d'une météo qui s'annonçait très correcte jusque vendredi 16h et très pourrie de vendredi 16h01 à Dimanche soir, nous primes la route jeudi vers 17h30, dubitatifs mais bienheureux. Arrivés à Pau sans encombre vers 23h30, nous allâmes jouir de la volupté du Formule 1.

 

J1 : Sous la neige le Sahara

Vendredi, nous partîmes aussi tôt que possible de Pau, persuadés qu’il fallait tout donner aujourd’hui ! A Barèges, sous un soleil voilé, nous passâmes chez Louisette (1500m) récupérer le courrier destiné à Béatrice, gardienne du refuge de la Glère : une salade et un catalogue.

Puis nous entamâmes un portage estival jusque 1700m où nous pûmes peauter. Au refuge vers 11h, nous portâmes la salade à Béatrice et pique-niquâmes en trombe avec pour ligne de mire le Turon du Néouvielle avant que la perturbation s’immisçant au Sud ne vienne appuyer les mauvais présages des devins MFrance, MBlue et MCiel.

10 cm de fraîche tombée la veille et ayant subi le vent, laissait apparaitre une couche ocre de neige colorée par les sables du Sahara, à défaut d’avoir de la neige au Sahara. Bref, il était facile de distinguer les couches soufflées et les accumulations résultantes. Cela laissait présager une descente pas pire.

Nous dûmes nous arrêter 100m sous le sommet, par manque de visibilité et fin du créneau beau temps du week-end. La descente fut effectivement pas pire et certains rajoutèrent quelques mètres de dénivelé aux 1500 déjà encaissés, expérimentant des petites coulées de plaques à vent sur les mamelons joueurs de ce magnifique coin lacustre.

Le couscous saharien du soir fut bien utile, et nous fêtâmes les 25 ans du jeune Damien, crumble et bougies à la clé! MFrance en grève, le devin n°2, MBlue nous annonça 20-30cm de neige pour le samedi, avec des chutes plus légères entre 5h et 11h ce que Guillaume interpréta comme une énorme fenêtre et nous comme un minuscule œil de bœuf.

Damien, fut donc en charge de nous concocter une sortie en toute sécurité et put exprimer ses connaissances cartographiques pour viser l’arrête direction le Campanal de Larrens que l’on quitterait vers le lac de la Mourèle pour remonter vers la Hourquette de Mounicot. Sortie prévue à l’aube dans un brouillard de poche.

 

J2 : C’est une lucarne, c’est une fenêtre, que dis-je, c’est une véranda !

Au petit matin, les expectatives météorologiques se révélèrent exactes : on ne voit rien. Nous partîmes donc vers 7h30 pour une course d’orientation. Les checks réguliers au GPS nous confortèrent dans le choix d’itinéraire et nous nous arrêtâmes 200m sous la Hourquette, les repères étant plus difficiles à trouver. Bilan de la sortie : 450m de dénivelé, 4,5km et un bel exercice !

De retour au refuge nous nous nous régalâmes avec une omelette maison aux pommes de terre croustillantes dont la recette restera entre nous. Puis, persuadés que le we était bouclé, sieste générale (sauf Patrice qui guettait la fenêtre).

Après 1h30 de sommeil profond : le miracle ! Un spectacle éblouissant s’offrit à nous: les nuages s’étiolaient et s’effaçaient lentement pour laisser la place à un soleil généreux, des couleurs somptueuses, un Néouvielle immaculé et des jeux d’ombres et de lumières sublimes. Ceux qui dormaient encore eurent du mal à croire les rêveurs éveillés. Il fallut leur montrer des photos pour les sortir du lit! Guillaume fut difficile à convaincre et à motiver mais un branle-bas de combat général fut déclaré. Il parait que nous avons établi le record de vitesse de la préparation de sac, moyennée sur 8 personnes , pour le CAFNA ! A 16h30 nous peautâmes sur le lac de la Glère. Ce n’était donc plus une fenêtre mais d’une véranda qui s’offrait à nous !

Nous remontâmes au pas de course en direction de la Hourquette, brassant les 40cm de pow-pow légère et fine, bavant de plaisir et de bonheur, pour s’arrêter vers 2450m d’alti car le jour commençait à décliner. Ces 550m de dénivelés à la montée comme à la descente furent une génération sans fin d’endorphine associée à une orgie de plaisir visuel. Nous rentrâmes au refuge après le coucher de soleil avec un smile jusqu’aux oreilles ! Seuls au Néouvielle, de la peuf dans le nez, des images magnifiques en tête : c’était la récompense de notre persévérance !

La soirée se passa sous le signe de la bonne humeur et le we était définitivement gagné. Pour le lendemain, nous décidâmes de nous lever aux aurores, espérant sans trop y croire une dernière fenêtre.

 

J3 : Sur les traces de Kiki et Mathéo

A l’aube, le plafond nuageux semblait déjà bien bas. Nous attendîmes un peu, le temps de confronter les options et décidâmes de descendre à Barèges pour remonter au-dessus de la station par la suite.

La descente fut très bonne, même si sous 1700m il fallait prendre sur soi lorsque les skis se faisaient dévorer par des requins rocheux à peine déguisés par la neige fraîche. Mais nous arrivâmes jusque chez Louisette à ski.

A Barèges, la foule dominicale nous fît redescendre sur terre. La route de Super-Barèges étant fermée, nous nous rabattîmes sur une montée vers la Bat de Caoubère, au rythme des enceintes crachant la musique espagnole de l’Altitoy (compète de collants-pipettes). Il neigeait et faisait chaud à la fois. Une recette qui donna une neige plus qu’humide, qui bottait à souhait et qui accrochait à la descente au point de devoir régulièrement gratter la semelle. Un régal ! Nous nous arrêtâmes à 2100m environ, persuadés que Kilian et Mathéo (les vainqueurs de l’Altitoy) ne nous en voudraient pas. Nous pique-niquâmes dos à la station histoire d’avoir l’impression d’être isolés en pleine montagne, voire même au Denali (OK, on était dans les nuages). Une descente sans visibilité nous confirma qu’on avait chopé la fenêtre à la montée.

Le temps de se changer et de descendre un godet pour fêter la véranda à Luz, nous prîmes la route du retour vers Nantes avec un sourire de satisfaction partagée !

Merci à Damien, Isabelle et Guillaume pour l’organisation, Merci à tous, Merci à Mère-Nature!

Plus de photos du WE :

 

 







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