Carnet de route

Stage rando à Gavarnie

Le 10/05/2016 par dandelot paul

Mercredi 4 mai 2016

 

Départ de Nantes pour 7 d’entre nous, dans la bonne humeur. Un stress pour certaines est clairement identifié … pourtant ce n’est pas le bac, pas d’enjeu … seulement la peur de ne pas réussir ! Ca révise pour certaines, ça dort pour d’autres… Arrivée à la Grange de Holle vers 22h00 et retrouvailles au dortoir avec ceux qui étaient déjà sur site.

 

Jeudi 5 mai

 

Après une nuit bien méritée, lever à 7h en ce jeudi de l’Ascension et direction la salle à manger pour un bon petit déjeuner !!! Nous savons tous que le stage va commencer dès notre  descente au sous-sol et l’entrée dans la « salle de réunion ». C’est donc parti pour 3h de questions et en avant les cartes, boussoles, règles, crayons … et à nous les calculs divers et variés avec décryptage des symboles. Un pique-nique en plein air s’impose et nous réchauffe bien car mine de rien, il faisait froid dans les profondeurs !!!

 

Nous y voilà, à la recherche des balises ! 5 balises à trouver. Je déploie ma carte, premier azimut, ok j’ai le carrefour, boussole en main, je cale le nord magnétique au nord de la boussole et c’est parti, je monte, je descends, je trouve une sente, tiens Françoise me rejoint, elle était partie avant moi… bon je relis ma boussole et laisse partir Françoise, un peu de descente, zut j’ai loupé le carrefour, je remonte, tiens voilà Annabelle en sens inverse, gardons le cap, je la laisse et trouve ma première balise, ré-azimut direction balise 2, je file sur le chemin, je m’interroge, je fais demi-tour, je croise Jean-François qui me confirme que j’étais dans la bonne direction, je refais demi-tour, ça y est j’ai la 2ème balise.

 

Alors maintenant, il faut que je me rende à un point GPS, abscisse 0745 ok je la vois, tiens un trait bleu épais ? pourquoi cette épaisseur ? je laisse la question en suspens et prends les coordonnées, ok, le calque ok, houlà la destination est de l’autre côté de la route, beaucoup de chemin à faire, me voilà partie dans la forêt domaniale, ça monte, ça monte, je suis dans les lacets ; là stop ce n’est pas possible je suis trop haut ! une pause s’impose, j’ai dû mal mettre mon calque, je déploie la carte, reprend les chiffres, aucun changement, j’ai dû louper la balise, elle devait être à l’entrée de la forêt, je redescends, toujours rien, je passe un coup de fil à Paul, je laisse un message, prend 2 abricots, un peu d’eau et prends à nouveau mon calque en main, et je m’aperçois qu’à gauche du trait bleu épais, il y a un trait bleu fin, je remonte le long de ma carte et me rends compte que le trait épais bleu du début se sépare pour laisser voir un trait bleu fin, c’est celui-là mon abscisse 0745, crénom, je repositionne mon calque, pas du tout le même résultat forcément, c’est la chapelle qu’il faut viser, re-message à Paul, « t’inquiètes pas je m’étais trompée je repars » je retraverse la route, fait le tour de la chapelle, rien aucune balise en vue !!

 

J’aperçois Catherine, elle me dit que la balise était au pont, et qu’elle a été enlevée… gentiment, avec Nelly, elles m’indiquent la direction à prendre, je suis donc le nouveau chemin et c’est bien long, aurais-je loupé le réservoir ? je ne sais pas à quoi ça ressemble moi un réservoir !! je fais demi-tour et je l’aperçois, ce doit être ce rond cimenté, donc nouvelle direction, mais le nez au sol, je file sur le chemin et me retrouve devant des ruines, plus de chemin, que des broussailles ! je crapahute un peu, puis fais demi-tour pour retourner au réservoir, et là en levant le nez quand même ! je me rends compte que j’avais pris un chemin descendant au lieu du chemin ascendant, ah ! si j’avais pris le temps de lire l’altimètre !!! bon je retrouve le GR10, et en vue du pylône Paul m’appelle, et avec Yvan me disent de ne plus m’occuper des balises, de suivre le GR10 qui m’emmènera à la Grange de Holle. Ouf ! je ne suis pas perdue ! j’ai beaucoup appris avec tous ses détours, toutes ses erreurs, et tant pis s’ils ont fini de manger quand j’arrive, moi, je suis quand même contente de ce que j’ai fait !

 

Vendredi 6 mai

 

Cours de météo par Jamy, le professeur de « C’est pas sorcier ». Que de danger guette le montagnard qui veut s’aventurer en montagne ! Trop de soleil : déshydratation, insolation, coup de soleil. Mauvais temps : risque de se perdre dans le brouillard, d’être foudroyé. Vous voulez encore partir ? suivez le guide et apprenez sur le terrain la botanique, la toponymie, l’orientation : passionnant.

 

Après-midi avec l’accompagnement d’Yvan. Départ du refuge et direction Gavarnie. Nous nous arrêtons de temps en temps pour contempler des petites fleurs, Gentiane printanière, potentille, hépatique (feuille en forme de foie)…. Explication sur la raison des plantations des frênes à proximité des champs, des paysans. Montée vers le plateau de Bellevue. Admiration du cirque encore enneigé, magnifique. Pique-nique pendant la montée. Arrivée sur le plateau, exercices du tirailleur. Nous constatons que personne ne va vers la même direction malgré l’azimut sur la boussole. C’est un beau cafouillage, il est possible que le refuge que nous cherchons ne soit pas trouvé. Nous redescendons par un autre chemin. Difficile à trouver, ce début de chemin ! chemin qui descend dans la forêt. Traversée d’un petit torrent. Mieux vaut se mouiller les pieds que glisser. Nous continuons à descendre à travers la forêt. Un petit cours sur le sapin qui va vers le haut et l’épicéa qui va vers le bas…. Retour au refuge, petite bière…. Belle après-midi encore.

 

Après le dîner, randonnée de nuit préparée à l’avance sur GPS. Parking sur la route du Col de Boucharo, en dessous de la station de ski. Il apparaît que sur les GPS disponibles, l’un est déchargé, l’autre est en configuration « automobile » et ne cessera d’afficher «vous êtes sur une voie non carrossable » (certes !). Pour un troisième, la route avait été enregistrée sous un nom qui n’a pas été retrouvé au départ. Le GPS de Paul est opérationnel et a bien enregistré la route prévue. Celui de Jean-François aussi, qui avait entré la route manuellement.

 

Départ à 21h00, Yvan nous guide jusqu’au départ, non loin d’un pylône de la ligne à haute tension. La possession des GPS opérationnels conduit à la constitution d’un petit groupe « pilote » avec Isabelle, Claude et Jean-François. Françoise fermera la marche. Il fait encore clair pendant la montée mais il commence à bruiner. Arrivés sur un plateau, la question se pose « va-t-on ou non au point coté 2028m que nous avons enregistré sur la route à suivre.

 

Le groupe décide de ne pas y aller et de rejoindre directement le point GPS suivant. Dans l’intervalle, la nuit est bien tombée et nous allumons nos lampes frontales. Une autre décision impliquera l’ensemble du groupe : face à la traversée d’un ruisseau partiellement recouvert de névés et à la perspective de devoir le retraverser ensuite en un lieu plus encaissé (selon la carte), nous décidons de le longer rive droite en suivant au mieux une croupe de pente modérée. Il faudra slalomer entre les genévriers, éviter quelques névés mais la descente se passe plutôt bien malgré un passage rocheux (mais non glissant). Retour vers 23h00 aux voitures.

 

En conclusion, cela a été une expérience très enrichissante, la présence d’Yvan et de Paul était certes rassurante en ce qui concerne la trace suivie et les choix effectués. Il y a eu une bonne complémentarité entre les trois personnes de tête en ce qui concerne l’usage du GPS et de la carte ainsi que l’observation des reliefs et des détails au sol pour assurer le meilleur confort de parcours. Les deux décisions importantes à prendre ont impliqué l’ensemble du groupe. Il faut rappeler l’importance de bien veiller à ne pas laisser trop de distance entre la tête et la queue du groupe. Le parcours a pris un peu moins de deux heures dont la moitié « arrêtée », correspondant aux explications ou recommandations d’Yvan ou aux moments de réflexion, ou aux discussions pour les décisions à prendre.

 

Samedi 7 mai

 

Après un bon petit-dej et une bonne douche chaude, 3 heures de partage intense avec Paul et Yvan sur des sujets essentiels : le fond de sac et la psycho-pédagogie !!     ou….. comment prévenir les incidents/accidents et mener au mieux un groupe, dans les meilleures conditions possibles ?  Comment être efficaces, pro, prévenants, prévoyants, attentionnés, attentifs ….. en restant soi-même.   C’est jamais TOUJOURS et c’est jamais JAMAIS !!

 

Après-midi : SIESTE ! La sieste pour les apprenants ? Non bien sûr, seulement pour les instruments. La boussole n’était plus agitée (finis les azimuts et les triangulations), les altimètres pouvaient enfin respirer calmement l’air de la montagne et les GPS dormir sur leurs deux piles. D’abord au chaud et au sec, les apprenants ont été très attentifs aux explications de Paul et Yvan sur la conduite de groupes comportant familles, enfants, personnes à mobilité réduite ou jeunes en école d’aventure.

 

S’agissant des familles et des enfants (et des scolaires), il faut faire lâcher prise aux parents (et aux enseignants) et en priorité s’adresser aux enfants, les intéresser à autre chose que la simple marche, les motiver par un « exploit », les faire participer (petit sac à dos avec pique-nique et affaires personnelles, …), les responsabiliser pour leur sécurité, les initier à l’autonomie pour en faire, peu à peu, de vrais montagnards et leur ouvrir le monde. Le maître mot : faire passer sa passion.

 

S’agissant des personnes à mobilité réduite ou présentant des difficultés psychologiques, Yvan a évoqué les moyens de leur rendre accessible le milieu montagnard et la façon de se comporter avec elles. Conduire des groupes de cette nature est sans doute très exigeant. Ainsi, le maniement de la « joëllette » requiert des qualités physiques certaines. L’accueil ne peut se faire sans la participation active d’autres personnes pour l’accompagnement de chaque instant. Le cas de Robert et Evelyne, qui ont peur du vide, peur de descendre a été aussi traité : il faut les rassurer, les aider, les guider, leur parler gentiment. Le maître-mot ici : l’attention à chacun.

 

S’agissant des écoles d’aventure, Paul nous a fait partager ses expériences et son enthousiasme. Il faut ici motiver les jeunes par autre chose que la marche (c’est trop la fatigue…). La manière de s’y prendre compte sans doute autant que la nature des activités. Ce qu’une école d’aventure peut apporter aux jeunes dans le développement de leur personnalité, pourrait rendre fréquentables les limites légales. Le maître-mot : s’éclater ! Puis, dans l’air frais et agité de ce bel après-midi, Yvan nous a expliqué comment tirer d’embarras Robert et Evelyne[1] dans quelques passages délicats.

En clair, Yvan nous a expliqué (plusieurs fois...) comment nouer une corde pour la rendre utile : nœud de chaise qui tient, nœud de demi-cabestan qui coulisse, noeud de vache qui sert à tout, double nœud en 8 qui sert à … euh ? en tout cas il est joli. Les apprenants n'ont pas manqué d'inventer des nœuds inédits (celui qui ne peut plus se défaire, celui qui se défait tout seul, celui qui sert à rien...).

Nous mîmes en pratique avec la confection d'abord d'une main courante ( ou l'art de transformer des compagnons en piquets d'amarrage patients) sous la forme une corde où se tiendront Robert et Evelyne dans une traversée un peu délicate, puis la pose d'une corde verticale (la beauté et la fluidité du demi-cabestan qui coulisse dans les deux sens, ) pour aider les deux mêmes dans une montée ou une descente là aussi un peu délicates.

Fut ainsi démontrée la nécessité de se doter dans certains cas du matériel propre à assurer la sécurité des membres du groupe : corde, mousquetons, sangles.

Le maître-mot : l'efficacité dans l'installation (ça rassure et tant pis pour les nœuds).

Après le dîner (pris à 12 sur une table prévue pour 8, ça rapproche et suscite d'hilarantes réflexions),vint la nuit tant attendue. L'objectif était clair : ramener les 12 balises posées par Paul. Le résultat fut à la hauteur de la détermination du groupe : 11 retrouvées, la 12° (maudite balise D) fut portée disparue. Faute d'avoir pu prendre des notes, le compte-rendu ne peut transcrire l'intégralité des débats qui ont émaillé cette quête. Dommage car ils furent riches et intenses, mais la preuve est faite qu'en réunissant certaines conditions, se situer, progresser, et arriver, est possible. Il faut ici les rappeler, sans omission : bien préparer l'itinéraire, maîtriser son GPS, avoir suffisamment de batterie ou de piles pour la durée du trajet, avoir la carte et ses indispensables compagnons (boussole, altimètre calé, LOUPE, crayon gomme et double-décimètre), organiser le groupe. Le maître-mot : pratiquer.

 

Dimanche 8 mai

 

Après une très courte nuit, passée à chercher des balises parfois introuvables (je me demande par qui elles ont été posées ????), les têtes au petit déjeuner du dimanche matin fonctionnaient au ralenti, sauf Paul qui avait bénéficié d’une nuit complète….(je suppose que le compte rendu de la nuit a été fait par un autre ??)

 

La matinée a été consacrée au débriefing de la nuit : difficultés rencontrées, esprit d’équipe , puis du bilan du stage de la part d’Yvan et de Paul. Notre dernier devoir à rendre consistait à proposer une randonnée à la journée pour un groupe adulte débutant. Nous avons tous exposé brillamment, avec une mention particulière à Nelly, concernant son récit hilarant d’une sortie 5ème âge…..Puis nous avons partagé le dernier pique nique au refuge, et après des adieux déchirants, nous avons pris la route du retour avec les petits ralentissements habituels. Nous avons tous appris , échangé, « grogné » ,et ri, pendant ses quatre jours passés ensemble. Merci aux encadrants et à tous les participants.

signés(ées) Jean-François, Françoise, Véronique, Laurence, Claude, Annabel, Catherine, Caroline, Nelly et Isabelle

 

[1] Ses souffre douleurs attitrés et perpétuels (note d’un des encadrants)







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