Carnet de route

Le tipi qui fume

Sortie :  Ski pulka Tipi en Vercors du 12/02/2017

Le 25/02/2017 par Catherine Lechat

Le projet : Les Hauts-Plateaux du Vercors à skis nordiques depuis le vallon du Combeau avec un hébergement en tipi : une idée de Patrice plébiscitée par les participants.

Les Hauts-Plateaux n’offrent que quelques cabanes, souvent surpeuplées et pour profiter pleinement de ce grand désert de neige mieux vaut être autonome.

Une journée de galères

Une semaine en autonomie complète nécessite beaucoup de matériel quand on privilégie le confort. Pour le transport : 4 pulkas (luges tractées par les skieurs) sur lesquels s’entassent, le tipi, le poêle, le combustible, la nourriture, les duvets bien chauds et bien d’autres choses pour une vie en plein air, en hiver.

La défection d’un « tracteur », remplacé au pied levé par des « intérimaires femmes »,  nettement moins performantes il faut l’avouer, rend la tâche plus ardue. Les petits raidillons vers le col du Creuson et le pas de la Chèvrerie sont mortels. Il faut déchausser, hisser, tirer, pousser les pulkas, un vrai travail de forçats ; les descentes en devers sont, elles, scabreuses tant et si bien que ce n’est qu’à la nuit tombante que nous apercevons, en contrebas, la cabane de Chaumailloux. Une belle croupe en neige, prolongée par un rideau d’arbres offre un bivouac idéal. Montage de la tente et du poêle à la frontale, puis opération fonte de la neige avant de pouvoir, fort tard, déguster la soupe de Nathalie autour du poêle.

Le sommeil est long à venir, en témoigne le bruissement des duvets et matelas quand chacun se tourne et se retourne.

Au petit matin tout le monde dort profondément et le 1er à se lever émerge vers 10h !

Une vie de trappeur

L’emplacement est royal, nous décidons d’y passer la semaine et de rayonner à partir de là. Reste à organiser notre campement car hier nous n’avons pas pris le temps d’aménager le terrain et certains ont passé la nuit à descendre et remonter la pente. Au programme :

Un coin « neige propre » pour la fabrication de l’eau

Un coin « toilettes » sous les arbres

Le terrassement au niveau du tipi pour aplanir et niveler  la neige

La fabrication de bancs en neige à l’extérieur pour profiter confortablement des couchers du soleil

14h30 -  il est temps de déjeuner et d’inaugurer notre aménagement.

15h30 - nous partons à la recherche de la source d’eau afin d’économiser le carburant.

16h30 - il est temps de prévoir la soirée.

La vie de trappeur demande organisation et précaution de tous les instants, le feu dans une tente est dangereux : la manche de doudoune d’Eric a laissé quelques plumes, la toile intérieure et une couverture de survie ont un trou, sans compter, à l’extérieur, une bouteille de gaz partant en torchère.

Le jardin du roi

Qu’il est dur, le matin, de s’extirper de son duvet bien chaud ! Les hommes, courageusement, sortent faire chauffer l’eau du petit-déjeuner, pendant que les femmes transforment le dortoir en salle à manger, en rangeant duvets et affaires de nuit dans les sacs et en installant les matelas en sièges.

Au programme de la journée : la bergerie du jardin du roi : du roi soleil ? …peut-être. Pour nous ce sera le soleil « roi », bien que quelques nuages et un vent fripon viennent refroidir notre fin de pique-nique.

 

La jasse de Peyre-Rouge  et la recherche de …

Nuit étoilée = tente givrée

Lever tardif, le soleil n’atteint et réchauffe la tente qu’à 10h. Nous avons pris le rythme lent de nos ancêtres qui vivaient au rythme du soleil. Et pour profiter de notre super campement il faut partir tard et rentrer tôt ; c’est facile : il suffit de prévoir une courte boucle, la jasse de Peyre Rouge fait l’affaire.

A la recherche de …  une occupation de tous les jours. Où est passée ma veste chaude ? Qui a vu ma fourrure polaire bleue ? Où se sont glissées mes sandales de plage (M.J.a dû confondre sable et neige) ? Et même où est passée la bouteille d’apéro ? Tôt ou tard, tout est retrouvé grâce à la perspicacité des « ménagères ».

A la recherche du … bois

C’est l’affaire de notre bucheron Eric, qui repère un arbre mort, le casse d’un tour de main puis descend avec la pulka, débiter le bois au niveau du refuge où se trouve une scie. Les granulés de pellets emportés se révèlent peu pratique, il faut sans arrêt alimenter le poêle.

A la recherche de … la solution des questions du jeu des milles euros. C’est laborieux, les candidats sont de faibles niveaux, contrairement à leurs niveaux à skis !! Personne ne connait l’os intitulé « fibula » ou qui a prononcé cette phrase célèbre : « J’y suis, j’y reste ! ». Notre jeu se déroule tous les soirs  à 18h avant l’apéro.

A la recherche d’eau…  A 2 ou 3 nous partons faire le plein des gourdes et thermos à la source qui coule en contrebas : 45mn AR.

Jasneuf - col du Pison – les quatre chemins et … … les visiteurs du soir

L’organisation est bien rodée : les hommes sortent dans le froid chauffer l’eau et nous apportent les thermos bien chauds sous la tente – merci messieurs –

Aujourd’hui, randonnée superbe dans un paysage très ouvert, alternance de bosquets et de zones découvertes, alternance de petites crêtes et de vallons, nombreuses traces d’animaux, de raquettes ou de skis mais comme les autres jours, pas âmes qui vivent pendant notre circuit. Les skieurs et les raquetteurs, nous les retrouvons au niveau de la cabane de Chaumailloux et les discussions vont bon train : C’est à vous le tipi qui fume ? Chaque soir, une visite ou des rencontres. Des skieurs intéressés par notre installation quittent la cabane noire, froide et enfumée pour admirer et envier notre campement. Ce soir ce sont 4 jeunes dont 3 ingénieurs qui ont fait leur début à Décathlon : ils nous parlent des produits Quechua, et une interne en médecine au CHU de Nantes. La veille nous avions discuté avec le curé de l’église St Nicolas de Nantes et celui de St Etienne de Montluc qui encadraient 4 jeunes. Le lendemain, un jeune couple demande l’adresse du loueur du tipi.

Bref, une semaine loin du stress de la ville et du travail où le plaisir est autant dans l’ambiance du lieu que dans la pratique du ski et je puis vous assurer qu’on parlera longtemps, dans les chaumières de ces drôles de Nantais qui campaient en pleine montagne sous ‘’le tipi qui fume’’. La fumée transmettant, tel le calumet de la paix, un art de vivre simple et sain,  bien rare aujourd’hui.

Merci Patrice, l’initiateur de ce projet, merci  Patrice et Eric pour l’eau chaude du matin et le bucheronnage, merci Nathalie pour la préparation des soupes « maison » qui ont fait le régal de tous, merci Fabienne pour la logistique sans oublier la participation de Marie-Jeanne, Caroline et moi-même, chacune donnant un coup de main où c’était nécessaire.

Cat the Cat

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