Carnet de route

Au pays des mouflons

Le 17/11/2013 par Yann Gravouil & Clémend Renaudie

Le Caroux avec un X qu’il faut prononcer, séjour escalade rando du 27/10 au 2/11/2013


 

Rendez-vous pour le départ à 7 h place de l’église à saint Sébastien, le décalage horaire étant en notre avantage pas de retardataire. Nous partons à 5 (Brigitte, Denis , Alain, Clément et Yann du CAF de Pornic) dans le scenic de Denis, première petite angoisse, les bagages, la nourriture, le matériel d’escalade vont-ils tenir dans le coffre ? Denis étant un maître du rangement ça rentre, mais il faut quand même se résoudre à laisser le rosé (regretté par certain en fin de séjour, je ne donnerai pas de noms), on peut même ouvrir le coffre sans que rien ne tombe, contrairement à un séjour dans les calanques si j’ai bien écouté. Laissant la pluie derrière nous (nous avons même du mettre la clim) nous arrivons vers 17h dans le très joli petit village de Douch entièrement en vieille pierre. Nous faisons le tour du village (durée approximative 1 minute 20 secondes) et nous tombons nez à nez sur un sanglier dans une fâcheuse posture puisqu’il est sur une table en train de se faire dépoiler, vider puis couper en morceaux par une bande de chasseurs locaux à l’accent chantant. Pour notre première nuit nous dormons dans un refuge (qui n’a pas grand chose à voir avec les refuges habituels) où nous rejoint Franck. Le séjour de Franck a plutôt mal commencé puisqu’il s’est pris une biche de nuit sur l’autoroute. Bilan tout le côté droit de la voiture bien abîmé, et obligé de prélever des poils de la bête pour avoir des preuves.

Lundi, nous partons à 5 sur le secteur de la grande paroi tandis que Brigitte part seul faire une petite rando. Après une bonne heure de marche facile dans un très beau paysage nous arrivons sur le site. Alain, Denis et Franck tentent d’accéder à la petite paroi à pied mais renonce finalement devant la difficulté d’accès, puis gravissent sans difficulté 2 voies de 120 m partiellement équipées. Il fait super beau et chaud, on grimpe en T-shirt voire torse nu. Clément et Yann après un échauffement sur une petite voie se lancent dans 120 m de voie entièrement sur coinceur. Puis partent sur la deuxième voie du trio, sans montre ni téléphone en fin d’après midi. La voie est sortie au crépuscule mais Clément a laissé son sac au pied de la voie, belote, il faut donc redescendre à pied avec une seule frontale car il fait maintenant nuit. Le sac est trouvé sans difficulté, il ne reste plus qu’a remonter et reprendre le chemin jusqu’à la voiture. Mais le temps passe, ne trouvant personne à la voiture Alain, Denis et Franck s’inquiètent et repartent avec leur matériel envisageant le pire. Finalement les 2 cordées se trouvent sur le chemin et finissent le retour ensemble. Arrivée au refuge vers 20h mais il faut déménager vers le gîte.

Mardi matin, lors de la préparation des sacs Clément réalise qu’il lui manque un chausson d’escalade, l’autre a du tomber sur le chemin lors du retour nocturne. Il décide donc de refaire le chemin à l’envers et profite de l’occasion pour faire une grande rando avec Brigitte. Le reste de l’équipe par sur le pilier du Bosc, difficile de progresser jusqu’au site car le chemin à disparu. Arrivé au pied du rocher il faut traverser la rivière à l’aide d’un arbre couché en travers, personne ne tombe à l’eau. Alain et Yann réalise la voie de petit pas tandis que Denis et Franck parcourent une arête sud avec un passage très aérien. Sur le retour nous traversons une ancienne châtaigneraie, où des mouflons sont aperçus, nous en profitons pour faire le plein de châtaignes qui seront mangées chaque soir en dessert, cuites au four. Brigitte et Clément rapportent des coulemelles, elles seront incorporées à la future omelette.

Mercredi, la tramontane s’est levée et la température à baissé, les grimpeurs prennent la voiture pour se rendre à l’entrée des gorges d’Eric, tandis que Brigitte repart en solo randonner. Franck, Denis et Clément réalisent 2 grandes voies sur le rocher de la tête de braque. Enfin, avant de grimper, il s'agit pour ces trois-là de repérer les voies – ce qui s'avère parfois hasardeux, même avec un balisage qui jalonne la tête de Braque... Mais ils ont la chance de grimper au soleil et d'admirer le passage placide de quatre mouflons sur l'arête sud-ouest. Yann et Alain partent faire la face nord-est du Minaret, donc à l’ombre (super idée alors que le ciel est bleu). La dernière longueur – pourtant du 4 – se révélera très problématique le vent empêchant toute communication et bloquant la corde (parfois rendu l’horizontale par le vent). A la fin de cette journée Anne et Carine nous rejoignent après avoir grimpé également dans le même secteur des gorges. Buvons la première bière du séjour le soir même, achevant ainsi une vie quasi-ascétique.

Partons le jeudi vers les aiguilles qui surplombent les gorges d'Héric par l'est : la Viallat, la Déplasse & la Godefroy. Toute la troupe part de conserve du seuil même du gîte, direction le plateau du Caroux. Nous y admirons la ligne de crêtes des Pyrénées qui se détachent au sud, fraîchement enneigées. Il faut compter deux bonnes heures de marche sur un chemin escarpé mais bien balisé pour atteindre le départ des voies. L'arête sud offre une superbe perspective sur la côte méditerranéenne, les bassins de Thau, de Leucat & le pic du Canigou. Commençons la grimpe sous le soleil. Rien ne résiste à Yann, pas même les coinceurs. Son second point saute et le laisse retomber sur son assureur – Clément – qui lui fait office de tapis de réception, à son corps défendant. Le moral est refroidi, le corps échaudé, mais l'humeur reste bonne. Grimpons sous les cercles des vautours planant dans un thermique. L'arête sud se révèle une véritable autoroute à grimpeur, avec bouchon aux relais, doublement par la gauche, etc... S'y retrouvent nos deux cordées pour un final sur le bec d'oiseau. Descendons en rappel sans anicroche sur un jalon du sentier qui nous ramène au gîte. Hélas, Yann a eu la bonne idée d'oublier sa polaire au pied de la voie, celle-ci contenant ses papiers et le fric qu'il avait retiré la veille. Rebelote donc, retour à la case départ. Nous rentrons de nuit, à la frontale, qui nous offre l'occasion unique de croiser des mouflons en rut.

Vendredi, nous épuisons nos dernières cartouches. Quelques uns s'aventurent vers la petite paroi tandis que la plupart d'entre nous retournons au pilier du Bosc, avec une énième course d'arête au programme. Fait notable : aucun incident ne vient ponctuer la journée. Nous désespérons d'avoir quelque anecdote croustillante à raconter le soir : orientation aux petits oignons jusqu'au pied des voies, pas de chute ou de bobos, pas de perte de matos, pas d'oubli, un soleil fidèle nous réchauffe le dos... La voie classique est superbe avec quelques passages bien aériens. On prend même le temps de faire le plein de châtaignes pendant le retour, dans une lumière déclinante. Rentrons tranquille dans nos pénates à la nuit tombante.







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