Carnet de route

Ile aux pies - 12 et 13 juillet 2014

Le 29/07/2014 par Loup Vuarnesson


 

Avant-propos :

 

Nous y voilà, mon premier Compte-rendu pour ma première expédition avec le CAF de Nantes. Comme vous le lirez ici ma mission était ardue, infiltrer le CAF de Nantes n'est en effet pas une mince affaire. Inconnu de l'équipe, j'eus au cours de ces deux jours de lourdes responsabilités que je détaillerai plus loin.

 

Avant que je ne commence, je tiens à préciser que certaines parties de ce récit ont pu être amplifiées voire inventées, mais celles ci s'inspirent vraisemblablement de faits réels.

 

 

Jour J, Le départ :

 

Départ le samedi matin pour l'île aux Pies située dans la basse vallée de l'Oust en Ille-et-Vilaine.

Le sac est prêt, le temps clément, je rejoins Lise et Morgan.

 

(J'avais déjà rencontré ces deux là au cours de la réunion de préparation, et d'emblée j'ai su que je tenais là deux piliers du groupe. Usant d'une redoutable habilité je parvins à infiltrer leur voiture, avançant une pseudo proximité géographique).

 

Je suis à l'heure pour trouver Lise. Elle m'accueille si amicalement que je flaire immédiatement le piège, je reste poli mais sur mes gardes, Morgan nous rejoint et après plusieurs remaniements du coffre de voiture nous partons en direction d'Atlantis où le groupe a rendez-vous pour initier l'expédition.

Rapidement les langues se délient et d'agréables discussions accompagnent notre route, ce qui endors peu à peu ma vigilance...

 

Nous parvenons rapidement à Atlantis où le reste du groupe semble prêt, seul manque le chef..

Jérôme est en quête d'un repas pour le midi, je m'attend au pire (je l'imagine revenir avec un gibier malchanceux à son bras ou que sais-je), mais il reviendra finalement avec une salade composée et quelques fruits. Si mes craintes commencent à se dissiper, je reste prudent.

 

Nous remanions une nouvelle fois les bagages dans un savant jeu de chaises/voitures musicales et prenons tous la route en direction de Bains-sur-Oust.

 

Il est 9h15.

 

A mesure que les kilomètres défilent, je recompose dans ma tête mes objectifs pour ce weekend.

Mon intégration repose sur quelques détails - l'apéro solide, dont je suis l'un des responsable, en est l'un des majeurs... Lors de son ascension, le grimpeur puise sa force et sa motivation dans toutes sortes de convictions superstico-spiritueuses (exemple : si je grimpe bien j'aurai moins de scrupules à reprendre une bière, si je termine cette voie j'aurai bien le droit à quelques cacahuètes…).

A partir de là, il est clair qu'un raté sur la mission apéro conduirait à une frustration unanime et à un échec cuisant de mon intégration, mais pour mettre toutes les chances de mon côté j'ai également ma fidèle slackline, le parfait compagnon des sorties camping. La slack, c'est une sangle tendue entre deux arbres, le but est de la traverser de part en part en restant en équilibre, puis des figures acrobatiques peuvent y être réalisés.

Dans mon cas, placer la slack à proximité du lieu de l'apéro pourrait être un combo gagnant, assurant divertissement et nourriture après une journée de sport intense. Le tout étant de trouver une paire d'arbres !

 

Le voyage passe vite et malgré l'éboulis de sac sur Morgan (lequel s'en accommodera finalement très bien), aucun incident n'est à déplorer.

 

 

Le camping :

 

Bien arrivés à destination la météo reste prometteuse, nous commençons à monter le campement. Le coin semble plutôt sûr mais dans le doute et fidèles à nos instincts de trappeurs, nous décidons d'espacer les tentes d'environ 20 mètres.

Quentin, la mascotte du CAF, nous rejoint de manière fracassante et décide de poser sa tente en plein milieu du parfait spot de slackline. Bouillonnant de rage mais à tendance laxiste, je ne dis mot et me résoudrai à l'installer plus loin (réduisant certainement son succès lors de la soirée), néanmoins je ne désespère pas, l'apéro viendra bien assez tôt.

 

Nous faisons l'inventaire des vivres, les stocks sont bons, le moral du coup l'est aussi.

On s'affaire enfin à la préparation du paquetage pour la journée et partons en direction des falaises de l'Ile aux Pies.

 

A mesure que nous nous enfonçons au coeur du bois, entonnant de vive voix les chansons scouts que Jérôme nous a demandé d'apprendre, commencent à se dessiner de splendides surfaces de granit (affectueusement surnommées "roches" ou "cailloux" par les membres de l'équipe), avec en toile de fond une belle rivière au clapotis harmonieux.

 

 

1er jour de grimpe :

 

Ni une ni deux, on s'affaire au déploiement des cordées et les équipes se forment. En bon petit nouveau, je fais équipe avec Jérôme, qui accepte volontiers de me confier sa vie. Cette décision m'honore tant les responsabilités sont grandes. Nous devrons nous éloigner et aller commencer notre ascension à l'écart de la troupe, reverrais-je jamais le reste du groupe ? Je décide de ne pas y penser, après tout sans moi l'apéro risque d'être plus compliqué à ordonner.

 

Enfin arrivés au pied de notre objectif, Jérôme commence à humer la roche, il jauge à l'odeur une voie en 5C ce qui semble lui convenir. Nous nous équipons donc et sans craintes il pose un premier pied sur le granit. Il me jette un oeil, s'assurant d'être assuré, puis part en esquissant de gracieux pas de danse. Je négocie tant bien que mal avec la corde mais vient à douter de mon utilité dans la manoeuvre. Arrivé en haut il pose une moulinette en sifflotant, tout en vérifiant que je ne touche pas à sa salade composée, puis redescend avec une mine satisfaite et dénuée de la moindre fatigue.

 

Je lui emboîte le pas, non sans peur du ridicule. Les premières prises sont ardues et glissantes, je suis proche de l'abandon quand une puissante bourrasque me propulse jusqu'au sommet. Jérôme dans sa quiétude espiègle mais bienveillante fait mine de n'avoir rien vu et me félicite à ma redescente.

 

Après toutes ces sensations, je décide que j'ai mon compte pour la journée, mais Jérôme ne l'entend pas de cette oreille et décide d'enchainer sans perdre de temps. Il colle son tympan à la roche, commence à la tapoter de petits coups secs jusqu'à choisir une seconde voie en 5C dont le son lui sied. Il se ré-équipe mais décide pour se compliquer la tâche de grimper la tête en bas. Je fais semblant de ne pas m'étonner. Il ne lui faut pas plus de quinze secondes pour arriver au dernier point d'assurage et redescendre, l'air amusé à la vue de ma bouche bée.

Nous poursuivrons notre journée sur la même lancée, lui grimpant tantôt sans les mains, tantôt lesté de 20 kilos de fonte, et moi usant de toutes mes ruses pour ne pas perdre la face, gardant à l'esprit ma place au sein du CAF.

 

Cette intense session sportive se finira enfin dans la rivière où Jérôme, insatiable, essaiera de nous convaincre de le battre au 4000 mètre papillon. Il finira boudeur devant le peu d'engouement qu'aura entraîné son défi.

 

 

La soirée :

 

Après avoir rassemblé les affaires, nous rentrons au campement, salivant déjà à l'idée d'entamer les réelles hostilités de cette journée. Bizarrement la troupe se sent retrouver des forces si rapidement que nous décidons de terminer la marche du retour en courant à perdre haleine.

 

Le temps d'une rapide douche et nous ouvrons les premières bouteilles. J'amène pour ma part ma modeste contribution tremblant de stress à l'idée de décevoir la troupe affamée. Morgan a contribué lui aussi à l'apéro solide et semble bien plus serein que moi. Les avis sont très favorables et la bonne humeur vient vite réchauffer les coeurs et les estomacs. Victoire.

 

Les préparatifs du dîner avancent d'un côté avec brio, mais de l'autre on oeuvre à faire fondre les stocks à une allure vertigineuse, Jérôme tente donc de nous calmer avec un jeu d'adresse, le Soflo. Ce jeu est proche de la pétanque, à l'exception près qu'il est composé de demi-disques de bois et non de boules. Il nous expliquera plusieurs fois l'origine de son nom : "un jeu où toute boisson est permise sauf l'eau". Etrangement, le succès est immédiat.

Je fais équipe avec Pascal et Morgan et la fièvre du jeu nous emporte vite, nos adversaires sont d'ailleurs vite contraint à nous laisser gagner pour nous faire plaisir.

 

Puis l'heure du repas sonne et nous partageons un splendide riz au chorizo auquel succéderont ensuite farandoles de gâteaux dont la pudeur m'oblige à taire les noms.

 

Pensant ne pas déroger à ma règle du "couché avant 22h le samedi soir", je m'apprête à sortir mon duvet quand un jeu dont j'ai oublié l'orthographe sort de nul part : le "taggle". Si j'omettrai d'expliquer l'origine de ce nom, je peux néanmoins assurer qu'il est parfait pour redécouvrir la richesse de notre belle langue française.

La soirée se terminera sans encombres et chacun regagnera doucement sa tente, avec un espoir quasi-nul d'être de retour au pied des voies avant 10h.

Craignant de voir nos réserves de bières se volatiliser pendant la nuit, nous resterons veiller avec certains téméraires jusqu'à ce que l'heure avancée nous contraigne à opter pour une position plus horizontale.

 

 

Le matin :

 

L'aurore pointe un peu plus que le bout du nez lorsque nous émergeons, il doit être 9h20. Si mes membres n'étaient pas broyés par la veille et par l'épaisseur de mon matelas mousse, je dirais avoir passé une nuit excellente.

J'entrouvre la porte de ma tente quand je vois Jérôme qui revient de son footing matinal et Lise qui prépare le petit déjeuner. Le groupe se met à table et nous nous indignons en choeur lorsqu'elle révèle avoir oublié le beurre, Quentin qui ne l'entend pas de cette oreille fait un bond au village pour résoudre la crise naissante. Le mal est vite résolu et nous acceptons volontiers de prendre un 2e petit-dej à son retour.

 

 

2e jour de grimpe :

 

Il est environ 11h, après un débat houleux sur l'heure et la manière de nommer le prochain repas, nous partons pour le pied des pistes. Je ferai à nouveau équipe avec Jérôme qui semble m'avoir adopté comme nouveau poulain, mes muscles transis m'implorent quant à eux d'aller faire trempette dans la rivière.

Nous passons la journée sans trop d'encombres, mais dans l'après midi Jérôme décide de nous commander une petite pluie afin de rendre la paroi moins adhérente, ne trouvant niveau à son goût. Celle ci arrive d'abord par fines gouttes, faisant très bien l'affaire, mais vite elle s'intensifie (peut-être fut elle commandée un peu trop ardemment) et nous devons nous résoudre à rentrer au camp.

 

 

Rentrer maison :

 

Tout le monde semble épuisé mais néanmoins ravi de cette seconde journée. Pour fêter ça, nous décidons de lui rendre hommage avec quelques acrobaties de balle au pied, nous réalisons alors de splendides dribbles et quelques tirs parfaits dont presque aucun ne finit dans l'arbre.

Mais il est vite l'heure de se quitter, tout le monde est triste alors Jérôme préfère nous redonner rendez vous à Atlantis, là où l'aventure a commencé. Nous dirons néanmoins au revoir à Quentin qui dans un élan de courage préfère écourter ce triste instant et partir à la poursuite de son destin.

 

Je repars avec Elise et Morgan et nous décidons d'écouter un peu de hard rock afin de rendre le voyage plus rigolo, jusqu'à notre retour à Atlantis où, pour fêter ça, on ressortira le ballon pour échanger à nouveau quelques passes sur le parking.

Viennent les embrassades, échanges de numéros et d'adresses et même si d'habitude on dit qu'on va se revoir et qu'on le fait jamais, là c'est pour de vrai, c'est ça le CAF, c'est de la camaraderie, du sport, des bons apéros, mais aussi de la régularité ! La preuve on s'est revus le soir même pour la finale de la coupe du monde. Je ne vous en parle pas parce que ça sort un peu du programme officiel mais c'était très bien aussi. Je ne vous connais pas encore très bien le CAF, mais je vous aime ! A la rentrée je prend ma carte et hop je suis des vôtres, grimpe, initiation alpin, rando et tutti quanti, ça me botte !

 

Portez vous bien

 

Loup

 







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