Carnet de route

L'Ascension de la face Nord du Cul du chien (Sortie Fontainebleau, mai 2017)

Sortie :  Tous à Fontainebleau !!! du 25/05/2017

Le 25/05/2017 par Valery Ferber

L’Ascension de la face Nord du Cul du chien

(Sortie Fontainebleau, mai 2017)

 

Alors que nous roulions matinalement sur l’Autoroute vers le Bassin Parisien et ses trésors géologiques, nous comprîmes, en voyant la ruée vers l’Ouest des Ascenscionnistes, que nous avions fait un choix judicieux en répondant à l’appel de Mélanie pour un grand week-end de bloc à Fontainebleau. Aller à contre-sens du courant majoritaire, et si c’était ça la clé du Zen ?

A moins d’être un passionné de Bleau, le lecteur s’ennuierait un peu si nous lui racontions dans le menu détail notre parcours fiévreux (pas moins de 30 °C tout le week-end !!) des voies du Cul du chien, du Rocher Canon, du Potala ou du Rocher fin. Le nom des sites est la seule chose dont on soit sûr d’ailleurs, tant les topos semblent avoir été rédigés par des extra-terrestres et n’aident en rien au repérage. Sans parler évidemment des cotations qui, en bloc, et à Bleau tout particulièrement, laissent le grimpeur de salle et de falaise devant sa voie de bloc comme un collégien devant un énoncé de maths du concours de Polytechnique.

Mais là n’est pas le plus important, un week-end CAF à Fontainebleau, c’est une expérience de grimpe mais surtout une expérience humaine, où l’on découvre des mœurs inattendus et riches d’enseignement pour la psychiatrie moderne.

Les techniques d’escalade à appliquer à Bleau se sont avérées des plus variées. L’adhérence y est certes très tendance, et on se dit que l’inventeur de la gomme du chausson aurait vraiment dû recevoir un Nobel de physique (ça tient même quand c’est patiné, si si). Le graton est une autre star du grès bleausard. Jean-Etienne en gardera quelques traumatismes psychologiques mais la conclusion de nos expériences est que l’on peut espérer tenir sur un pied à la quasi-verticale sur ce petit ornement rocheux tant qu’il émerge de la roche d’au moins 3 millimètres. Le crochet de pied n’est pas en reste, surtout si on en abuse (Non Mélanie, tu n’es pas obligée de crocheter le pied pour te laver les dents !!!). Mais surtout, nous avons la grande fierté d’avoir inventé une nouvelle technique de rétablissement, poétiquement intitulée « la sortie du phoque ». En gros, l’idée de ce mouv dont Valéry semble être le précurseur, c’est de s’avachir sur le rocher une fois arrivé au dernier pas et de pousser sur n’importe quoi, à l’aveugle et avec tout ce que l’on peut (pied, jambes, genou, bras, main, menton, nez, …) pour glisser sur la roche, si possible vers le haut. Certes, le frottement du grès sur la peau, tel du papier de verre sur le doigt du bricoleur du dimanche, provoque brûlures et contusions et est source de beaucoup d’émotions pour le grimpeur (en général de tendance masochiste). Mais c’est sans conteste le mouv le plus hilarant pour les spectateurs !!

Concernant l’expérience humaine, les leçons sont légions. On évitera délicatement de parler de toutes les émissions sonores naturelles féminines, plus ou moins volontaires, et peut-être destinées à dormir seule dans sa tente. Rien n’oblige non plus à s’éterniser sur nos débats concernant la nécessité de choisir entre libéralisme et marxisme, ou encore sur la lutte interne qui écartèle la Femme entre le souhait de se libérer de l’ancestral joug masculin et son appétence pour l’homme riche qui la délivrera du labeur indéfini … En revanche, la cohabitation avec les allemands, les belges, les hollandais et les britanniques à Fontainebleau est un sujet crucial. Elle doit être soigneusement préparée par une consommation raisonnable mais approfondie de bière au camping, dont la fraicheur ne tient qu’à une rigueur sans faille dans la logistique du pain de glace. Ce n’est en effet qu’une fois le remède absorbé et digéré que l’on peut comprendre Gunther en démonstration de départ au sol (depuis renommé « départ à la Gunther »). Il peut arriver aussi qu’un autochtone pré-Alzheimer rêvasse sur la route départementale et freine un peu tard alors que nous souhaitions simplement tourner à gauche pour rejoindre le Rocher canon, provoquant derrière lui un très désagréable froissage de tôle. Mais l’objet d’étude psychiatrique le plus intéressant est probablement la schizophrénie de l’encadrant qui oscille entre peur de la blessure d’un de ses oisillons et hantise d’avoir amené sa trousse de secours pour rien. Ainsi, après l’immanquable fou rire qui accompagne une sortie du phoque (voir plus haut), un regard inquiet sera rapidement remplacé par la grande satisfaction de pouvoir enfin sortir son désinfectant et ses pansements, allant parfois même jusqu’à proposer une improbable prise de température. « Non, tu ne me prendras pas la température sans mon consentement !! ».

Enfin, deux petites astuces pour ceux qui, comme Flore, profitent de leurs besoins naturels pour découvrir les environs. Partez toujours avec un téléphone et un sifflet. Et rappelez-vous que, dans l’hémisphère Nord, le soleil est au Sud, ça peut servir !!

Et surtout, n’oubliez jamais : « On va pas se laisser em… par un bloc !!!! ».

 

Les dingues et les paumés : Mélanie, Flore, Jean-Etienne, Valéry, rejoints par Jon Luca

 

Remerciements à Mélanie pour cette bonne idée de sortie et son organisation discrète, joyeuse et efficace.

 







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