Carnet de route

les foies dans les voies

Le 27/10/2018 par Dandelot Paul

Une des nombreuses qualités de Paul, c'est la ponctualité. 6h00, Paul tourne la clé de contact du véhicule devant le local d'Europcar, les 4 stagiaires, sont assis dans le véhicule, les bagages serrés à l'arrière, c'est parti sur le périphérique de Nantes. 7h00, Gérard, récupéré sur une aire d'autoroute, tourne la clé de contact du véhicule, c'est parti pour Bordeaux passé à 9 h le matin. 12h00, le plein de gazole fait au carrefour de Toulouse, Jérémy tourne la clé de contact du véhicule, les premières montagnes sont en vue. 13h30, arrivée au camping municipal de Luzenac, Pierre tourne la clé de contact du véhicule, nous sommes arrivés ! Une fois installé dans nos chalets, Paul se prépare à répéter ses prochains concerts pendant que les jeunes envisagent une randonnée locale, mais voilà-t-il que le Grand Barbu leur dit, mais on est venu pour faire de l'escalade ! et ma foi, grâce à une superbe réaction du groupe, nous voici tous à 16 h au pied des falaises du Calames. Une autre des qualités de Paul, c'est son enseignement, nœuds en huit, mise en place d'un reverso, pose des dégaines, grimpe de chacun en second ou en tête, mise en place d'un relais, descente en rappel, un condensé en 2 h du stage d'initiation animé par le CAF, que chacun a exécuté presque parfaitement. Une troisième des qualités de Paul, c'est le cordon bleu, apéro espagnol avec une blanquette de veau au riz et crème de praliné au dessert, et surtout le digestif après le repas, un exercice de lovage de corde. Une journée qui a épuisé Céline, mais qui annonce bien d'autres aussi riches et passionnantes car la quatrième qualité de Paul, c'est sa capacité à faire progresser ses stagiaires, malgré les conditions difficiles de la région, avec de la neige annoncé en fin de semaine. Et la nuit tombée, les insomniaques entendaient leur camarades chanter dans leurs rêves la chanson des Beatles, love, love, love (les cordes) ....

Lundi 22 départ 9h30 direction Calamès après une bonne nuit de 10h pour tous. Petite marche d'approche avec une arrivée dans le secteur papy. On s'équipe, on délove les cordes et  on part s'échauffer dans une première longueur. Tout va bien pour le moment, Paul est patient, à l'écoute et nous fait sortir de notre zone de confort. Sa confiance en nous, nous encourage à nous dépasser. Changement de partenaire de grimpe pour tous : ouah ! On perd nos repères, nos petites habitudes. Patrick et moi décidons de nous engager dans une 5b ou c, je ne sais plus. La voie était belle et suffisamment engageante pour sentir la présence indispensable de notre esprit, de nos mains et surtout de nos pieds. Arrivée au relai, trou noir, je ne me souvenais plus de la manip. Gérard a été brillant de patience ! Merci. Au bout de très longues minutes, je respire, lâche prise et le schéma revient dans la tête ! Ouf, Gérard peut me rejoindre. Quelle joie de le voir arriver au relai suivi de Pierre, qui avait répondu présent à mon SOS, après un certain temps seule au milieu de de mes cordes, des mousquetons et des lézards. Petite pause à trois pleine de rires au relai, qui nous redonne à tous un regain d'énergie pour repartir avec un nouveau partenaire sur deux nouvelles longueurs. Paul, toujours très présent et attentif à nous tous veille à notre sécurité et nous encourage ! Allez, c'est un ordre tu fais la 5c ! C'est parti pour une 5c terminée grâce aux encouragements de Samuel ! C'est toujours une joie de voir arriver son partenaire au relai (et cette fois en un temps record : la manip n'aura duré que quelques minutes cette fois ! On jette la corde  pour redescendre  avec pour voisin de cordée Gérard, qui a une envie pressante de rentrer boire une bière. Notre corde s'emmêle dans les buissons !  Samuel, vaillant, descend le premier démêler la corde et nous libère pour rentrer au chalet faire la fête ! Merci à tous pour cette belle journée !

Troisième journée d'escalade. Comme d'habitude, 9h30, on charge le matos dans le minibus bien que ce matin des discussions dans le chalet n°6 - le chalet des jeunes - nous on mit en retard. Encore une très belle journée ensoleillée qui s'annonce bien que celle-ci avait une saveur différente : aujourd'hui c'était grandes voies de 6 à 7 longueur, en autonomie, pour chacune des cordées sur ces belles falaises que sont les falaises de Calamès, une première pour certains d'entre nous. Arrivée vers 10h30 au pied des voies, l'heure pour les cordées de se séparer (momentanément) pour des retrouvailles prévues vers 14h au sommet, au château, enfin ce qu'il en reste. Les cordées avaient été méticuleusement formées la veille par Paul alors que l'on dégustait un poulet froid et des mogettes de Vendée préparées par Gérard. Paul et Gérard, Pierre et Jérémy et enfin Céline et moi dans la voie des pères tranquilles. Nous voilà partis pour 7 longueurs, soit approximativement 240 mètres de haut. Tout se passe bien, on profite de la vue, du beau temps et de l'escalade bien sûr, dans une sérénité totale. Ce calme est parfois troublé par des "Jérémy, Corde libre", "Samuel, Vaché" ou encore "Pierre, Départ" criés par les différents premiers de cordée sur la falaise. 3ème longueur, Céline part en tête et rencontre une première difficulté dans ce qui s'avèrera être plus tard le crux de la voie. Ne parvenant pas à passer une dalle très lisse et légèrement surplombante vue du relais, Céline redescend et notre cordée réfléchit à la meilleure méthode nous permettant d'échanger premier et second de cordée en toute sécurité. C'est ainsi qu'un peu tendu, je repars en premier et franchis non sans mal cette difficulté - "Encore une belle occasion de travailler le mental" me dis-je tout bas à cet instant. On arrive finalement au 4ème relais, on fait une pause, on regarde l'heure et on se dit que l'on ne se retrouvera certainement pas pour manger ! Ne nous décourageant pas on continue dans notre voie. On avait perdu de vue les autres cordées, on était en retard sur l'horaire on avait eu du mal dans la 3ème longueur, on commençait à plaisanter en disant que de toute manière on avait tous deux pris nos frontales... 4ème longueur, seconde péripétie, pas moyen de trouver le premier point ! Céline s'engage dans la longueur, prend de la hauteur et toujours pas sécurisée à un point ne se sent pas de continuer. Je lui dis que je veux bien grimper en premier mais qu'il faut qu'elle trouve un moyen de redescendre. Après s'être sécurisée grâce à une sangle et un arbre jugé solide, elle arrive à redescendre au relais. Maintenant on connait les manips, alors rapidement je repars en premier, en espérant trouver le point. Je pars plus à gauche que Céline pour explorer une autre partie de la ligne, je suis confiant, sur de bonnes prises mais ne vois pas le point non plus. Je décide à mon tour de m'assurer avec un point intermédiaire à l'aide d'une sangle et d'un éperon rocheux comme j'avais pu voir en alpinisme. Ouf, je vois finalement le point et la suite de la voie jusqu'au sommet se laisse entrevoir : la galère est finie ! Je reprends confiance dans la possibilité de terminer cette voie et partage cette découverte avec Céline qui elle aussi semblait soulagée. On aperçoit alors les autres cordées au château, déjà arrivées au point de rendez-vous. On arrive finalement au dernier relais, accueillis par Jérémy et Gérard, sur Eye of the Tiger pour nous faire sourire. Tous deux soulagés de les revoir et d'être arrivés en haut on découvre que Gérard a le coude en sang. Lors de la dernière longueur, à quelques mouvements du relais final, il chute quelques mètres au-dessus du point et redescend de 10-15 mètres, en se raclant le coude au passage. Bien content de porter un sac à dos et un casque pour se protéger de la chute, Gérard apprend non sans mal l'expression "se prendre un plomb" ! Après quelques discussions avec l'autre cordée, j'apprends qu'ils ont eux aussi eu des passages difficiles et des complications aux relais. Toutes les cordées ont su se débrouiller en autonomie, ont résolu les problèmes au fil de l'eau et ont surtout passé une belle journée ensoleillée à Calamès. 17 heures, les trois cordées un peu fatiguées, redescendent par le chemin jusqu'au point de départ en échangeant sur leurs journées fortes en émotion.

4ème journée. Ce matin, l'heure du départ est avancée à 9H pour démarrer plus tôt sur ces falaises de Calamés. Les 3 binômes (suivant les préceptes de notre doyen épistolaire Saint Paul) sont revus avec Paul et Jérémy pour la voie "Les pères tranquilles", Pierre et Samuel pour "La Lubline" et notre cordée Céline et Gérard pour "Prélude". Face aux 2 autres binômes plus aguerris, nous sommes les novices du groupe avec encore en  mémoire  "mon plomb" de la veille, avec quelques douleurs en souvenirs. Pour cette 1ère en autonome sur une longue voie, Céline et moi voulions en découdre tout en prenant du plaisir. J'aimerais avant de poursuivre, revenir sur le menu de Pierre préparé pour le diner de la veille : potage froid et pâtes avec sauce bolognaise et enfin gâteau breton, ça n'a vraiment  aucun intérêt mais pour la cohésion du groupe (et de leurs estomacs), je ne pouvais faire autrement !   Pour en revenir à notre voie "Prélude", ça commençait bien car on n'en trouvait pas le début. Heureusement nous avons croisé Gérard Pouliquen,  notre bonne étoile, celui qui a ouvert plusieurs voies de ce site de Calamès.  Nous ne pouvions pas trouver mieux pour nous remettre sur le bon chemin. Prélude est une voie équipée de 7 relais de niveau 4 à 5b+ et nous avions 3 heures pour la réaliser...  Céline part la 1ère et fera donc la grimpe en tête sur 4 longueurs. Elle se fera les passages les plus délicats. Pugnace, énergique et toujours le rire facile,  elle a le tact pour  susciter la décontraction dans les moments forts.  Nous avons enchaîné les longueurs en prenant sans doute trop de temps (dixit M. Dandelot) à peaufiner les manips de cordes au relais et sans doute aussi à se faire des haltes incompatibles à faire exploser le chrono.  Evidemment nous avons connu des moments d'émotions fortes sur des passages un peu plus  ardus mais la complémentarité du binôme a été la plus forte. Je me souviens de ce moment où Céline en tête, j'ai eu droit à des "secs", des "mous", puis "pierre", puis" branche" !!!  Nul doute qu'une nouvelle variante a été ouverte sur Prélude, ce jour,  par Céline... N'oublions pas l'aide précieuse de nos collègues pour nous indiquer les dernières prises de l'ultime relais Jérémy Samuel et Pierre,   Paul et Jérémy ont plié leur voie en 2h10, Jérémy et Pierre en 3 heures et nous en 4h15. Un peu loin du temps imparti mais faire cette voie, pour un binôme en apprentissage, nous laissera un souvenir inoubliable. La journée s'est terminée au bar de Tarascon sur Ariège. Eh oui notre compère de cordée, Pierre, nous quitte ce soir pour Nantes, retrouver sa famille. Il va nous manquer et c'est Gérard qui le dit!  Nous avons clôturé cette soirée par un exercice sur les remontées de corde au camping. Il est temps de rentrer. C'est à Samuel de nous concocter son menu et on va gouter la bière de Jérémy....

Cinquième journée, qui commence de nuit car la Dent d'Orlu, 2200m, est au programme, avec sa bonne heure de route et son heure et demie de marche d'approche. Départ fixé à sept heure moins le quart donc, les yeux tous autant embués que le pare-brise. Et puis un raccourci improvisé se termine en impasse et nous oblige à sortir à la fraîche pour aider à manœuvrer le minibus. Chemin retrouvé et esprits réveillés après cette petite embûche nous arrivons au pied de notre objectif. Objectif encore dissimulé par une épaisse forêt qu'il nous faut franchir tout autant que gravir pour que se dévoile enfin la grande canine au cœur d'un paysage vallonné et encore partiellement éclairé des premiers rayons de soleil. Les cordées du jour se préparent au départ de leur voies respectives, Céline, Gérard et Paul iront en démordre avec Tapas sans dalle, tandis que Samuel et votre scribouillard du jour partons à l'attaque de Fleur de Rhodo, le couteau entre les dents. Deux longueurs de chauffe et on attaque le 6a, Samuel en tête, et d'une parfaite exécution pour progresser dans de la bonne dalle à sensation ponctuée d'un pas de bloc en réta pour passer un léger surplomb. La longueur suivante, toujours en 6a justifié par le plus gros surplomb du tracé, fût un régal pour votre serviteur. La suite, à l'image de l'ensemble de la paroi propose une belle grimpe en dalle, ponctuée de petits surplombs. Une ascension très plaisante dans un calme troublé seulement par les autres cordés, le tout au sein d'un décor magnifique.

J’avais prévu une deuxième journée à la Dent d’Orlu, Jérémy et Samuel grimpant Supersé, mais Céline et Gérard se sont révélés un peu tendres pour s’engager au-dessus du niveau de Tapas sans Dalle. Nous retournons donc vendredi au Calamès. Sixième et dernier jour. Jérémy et Samuel se sont lancés dans ""Rio"" une voie plus homogène dans le 6a max. Après un échauffement un peu rude dans la première longueur en 5c, Samuel a pu travailler son mental dans une belle longueur en traversée et surplombante. Evitant de peu la chute il arriva finalement au relais après une dernière partie sans point. Jérémy continue sur la deuxième longueur en 6a en dalle puis légèrement surplombante. Malgré des péripéties dans la dalle à côté il revient s'attaquer au surplomb et arrive au relais grâce à des placements judicieux. L'avant dernière longueur censée être facile a surpris la cordée par son équipement mais elle retrouve ses esprits en s'élançant dans la dernière longueur en 6a constituée d'une belle dalle où de bons placements étaient à nouveau nécessaire. Pendant ce temps-là, Paul, Gérard et Céline s'engagent dans Le P’tit Nicolas. Après un échauffement sur les deux premières longueurs, Céline part sur la dernière longueur en 5c. Ils sont redescendus en rappel dans une végétation dense puis ont enchaîné sur Rioby où Céline a laissé sa place à Samuel, cause œil fouetté par sa corde. La méchante !

Le retour était prévu pour le dimanche, mais le grand mauvais temps arrivé le samedi nous a fait revenir 24 heures plus tôt.

Signés(ée) Pierre-Céline-Gérard-Samuel-Jérémy-Paul

 







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