Carnet de route

Vol au dessus d'un nid de Cloutou

Le 02/04/2019 par Philippe Dazas

Voici le récit de la  sortie de Guillaume, Manu, Romuald, Thierry & Philippe à Campana de Cloutou du 22 au 24 mars, en 8 questions & réponses !

 

Q1 Mais pourquoi diable être allés à Cloutou dans le Néouvielle alors que la sortie était prévue au Montcalm en Ariège ?

R1 C'est la faute à la méteo (comme d'hab) : celle-ci nous ayant octroyé une tempête de beau temps une bonne partie du mois de mars, l'enneigement des Pyrénées a fortement décru durant ce mois, notamment en Ariège. Le temps de la réunion de préparation a donc essentiellement consisté à trouver le meilleur coin des Pyrénées pour se replier et pouvoir bénéficier d'un enneigement correct. Ce fût le cas à Cloutou : grâce à 10 providentiels petits cm de poudreuse tombés les jours précédents, le conditions de neige ont été tout à fait correctes, même s'il a quand même fallu ruser avec les expositions des versants et les horaires de transformations de la neige.

 

Q2 Vendredi, jour de la montée au refuge : pourquoi avoir inventé un savant détour au lieu d'y aller naturellement au plus court ?

R2 Ben c'est pas drôle d'y aller comme tout le monde, c'est bien plus sympa de faire une nouvelle trace dans la neige vierge... Et puis Manu ayant été désigné comme apprenti traceur d'itinéraire, c'est pas le genre de Guillaume de lui faciliter la tâche... Donc départ de la route de la Mongie, virage du Garet, itinéraire classique jusque au lac de Caderolles puis chemin de traverse par la gauche (plein est) pour aller contourner le Bec d'Aouque. Avantage de cet itinéraire : permettre de passer près de l'unique arbre mort du coin non encore ratiboisé par les randonneurs séjournant au refuge de Campana de Cloutou et ainsi faire le plein de bois pour le poêle. Le bois mort depuis longtemps c'est pas lourd, on peut en rajouter plein même sur des sacs déjà bien remplis !

 

Q3 Alors ce refuge, il est comment ?

R3 Très agréable, propre, bien équipé, bien situé sur une petite éminence, proche d'un fort joli petit bouquet d'arbres - hélas attaqués par d'indélicats randonneurs pour alimenter leur barbecue, ceux-là n'avaient sans doute pas croisé l'arbre mort -  mais non gardé l'hiver, du coup évidemment pas d'électricité, pas d'eau. Dés l'arrivée, corvée d'eau générale : y'en a deux qui se souviennent du plaisir de trimbaler un jerricane de 10l qui ne rentre pas dans le sac, sur 200m, à la montée, en skis avec les peaux...

 

Q4 Pas de hauts sommets dans le coin, vous avez fait quoi le samedi ?

R4 Manu et Guillaume après de longs palabres vendredi soir, penchés sur la carte, nous ont préparés un superbe itinéraire en boucle. Levé samedi matin à 6h (ah euh non, en fait plutôt 6h30 car personne n'a entendu sonner les montres), départ 7h30, montée au col de Bastanet, puis crampons et skis sur le sac pour monter au Pic de Portarras (2697m). Bascule dans la réserve d'Aulon et on longe les versants sud sous le pic de Cettiou. Grosse incertitude pour trouver le col d'Aulon et repasser en nord. ("Bon, on est d'accord qu'on a le droit de faire un point GPS quand on est pas sûr, OK ??"). Petite session "cours d'orang-outang" pour redescendre le col d'Aulon en crampons dans la pente raide. Thierry : "C'est croûté mais c'est bon les gars, là c'est skiable, pourquoi on s'em... avec les crampons ?". On remonte au col de la Couradette et on se laisse glisser jusqu'au lac de Gréziolles, bien en dessous du refuge mais c'est volontaire : la descente est trop bonne :-))) Plus qu'à remonter au refuge, dernier petit effort après cette magnifique ballade : 900m de D+ "seulement" mais pas mal de manips : les peaux, on, off, les crampons, on, off... et on recommence. Ah oui je l'ai pas dit mais la météo c'était grand bleu et ça sera ça tout le WE :-)

 

Q5 Et pour dormir à 25 dans une refuge de 19 places, on fait comment ?

R5 Autant le vendredi soir c'était tranquille, le samedi soir c'était blindé ! Nous on était là avant, donc pas de pb nos places sur les matelas étaient réservées par nos sacs à viande soigneusement étalés. Pour les autres c'était dodo par terre, au mieux sur une couverture en guise de matelas, pas très confort... En même temps on a proposé de se serrer un peu mais ils n'ont pas voulu ! 25 personnes x 100W par personne = 2500 W, soit un bon gros radiateur allumé en permanence, résultat on a crevé de chaud toute la nuit.

 

Q6 Et le dimanche alors ?

R6 Dimanche, montée jusqu'à la hourquette Bracque puis on pose les skis et les sacs et on s'attaque à l'ascension du Tuhou de Cloutou (2568m) en crampons en aller-retour : belle ascension sur la crête, marquée par un passage en traversée dans une neige bien pourrie au dessus d'un beau toboggan, le genre d'endroit où on regrette le bon vieux rocher bien solide... Descente jusqu'au lac de Bastan qu'on longe par la gauche avant de remonter pour franchir la crête de Port Bielh. Puis détour par le pic du Contadé, que certains d'entre nous renonceront à atteindre , vaincus par le surcroît d'effort nécessaire pour emmener les kilos de neige collés sous les skis : ça "bottait" de ouf ! Descente sous le pic de Teste Guilhem et le Pène Nègre : bel exercice d'orientation pour ne pas louper LE bon vallon qui passait bien en ski, pour rejoindre le lac de Gréziolles. Itinéraire normal ensuite jusqu'à la voiture, même pas une petite guillaumade pour finir ;-) Quand même plusieurs passages où il faut déchausser, en 3 jours ça a bien fondu... La voiture de Thierry est toujours là, finalement le frein à main à tenu ;-)

 

Q7 "C'est quoi une hourquette ?"

R7 "Un petit col  bien sûr, dans les Pyrénées tout le monde sait ça !"
"Bon bon OK."

 

Q8 Et merci qui ??

R8 Merci Guillaume pour l'organisation de cette super sortie,

Merci Manu pour le traçage des itinéraires,

Merci les porteurs d'eau, de bois, et de charbon de bois (finalement inutile, le charbon, car le refuge a un stock de boulets de charbon...),

Merci dame météo pour ce superbe WE qui fait oublier les autres WE annulés,

Merci Thierry pour la voiture,

Et pas merci aux randonneurs (non cafistes) qui massacrent les arbres vivants pour alimenter leur barbecue :-(

 

Philippe

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