Carnet de route
Soleil et Neige de cinéma au Néouvielle !
Sortie : WE itinérant en vallée d'Ossau du 21/01/2022
Le 31/01/2022 par Nolwenn
Le week-end ski de rando initialement organisé par Guillaume dans la vallée d’Ossau a migré vers le massif du Neouvielle. La raison : une neige annoncée très dure en dessous de 2300m, alors on va chercher à gagner de l’altitude ! même si Guillaume se montre prudent et ne nous vend pas de la neige de rêve, plutôt du « moins pire » et du « potentiellement skiable » …
Mardi soir au local du CAF, l’ambiance est studieuse et je suis légèrement inquiète : c’est ma première sortie CAF, je n’ai pas forcément une condition physique de folie et mes compagnons semblent tous bien affutés … Distribution de matériel, pelle, sonde, piolet, crampons, DVA … Euh …Il va faire quel poids mon sac avec tout ça ?
Réponse jeudi soir au moment du départ : beaucoup trop lourd ! Mais sur ce point tout le monde semble d’accord ! Minibus récupéré et nous voilà partis direction Pau pour passer la nuit.
J1- Thierry nous a arrangé un plan militaire pour la location du matériel à Barège, c’est efficace ! La navette pour monter au parking du Lienz est complète mais ce n’est pas très grave, en se serrant un peu ces messieurs arrivent à me faire une petite place. Skis aux pieds et sacs sur le dos, il est un peu plus de 11h quand nous attaquons la montée (enfin … pour cela il faudra d’abord prouver à Guillaume que nous savons où nous sommes, où nous allons et quelle topographie nous attend !). Après une mise en jambe en douceur pour nous permettre de profiter du paysage, les choses se corsent lorsqu’il faut traverser les premières coulées d’avalanche. Couteaux sous les skis, il y aura quelques figures un peu acrobatiques mais rien d’infranchissable. Un joli raidillon nous amène au pied du refuge de la Glère, 2153m, mission du jour accomplie !
Enfin presque … JB et Antoine ont montrés qu’ils avaient de l’énergie à revendre, les voilà désignés volontaires pour aller chercher de l’eau dans le lac 50m plus bas. Pendant ce temps on coupe un peu de bois (le refuge est bien garni de ce côté-là, reste juste à scier les buches en deux pour les faire rentrer dans le poêle).
Pour l’instant nous sommes seuls, on s’installe au plus près du poêle, si on arrivait à gagner quelques degrés ce ne serait pas de refus… Pour ce premier diner aux chandelles Stéphane nous a fait une surprise : il a monté le vin rouge ! Quelques cacahuètes pour l’apéro et voilà un repas bien convivial qui s’organise autour des deux réchauds.
A 20h30 tout le monde est prêt à aller dormir, mais avant, lavage de dents et surtout petite session d’astronomie : le ciel est magnifique, la voie lactée se détache et la chasse aux constellations peut commencer !
J2- Réveil à 7h pour un départ espéré à 8h30. Ce n’est pas une grass mat’ mais presque ! Objectif : le Turon, 1000m au-dessus de nous. Vu d’ici il semble loin … Petite session carto avant de partir, il nous faut suivre une croupe en partant du refuge, puis piquer légèrement sur la gauche avant de nous engager dans un canyon très étroit et assez raide. En sortir comme on peut plutôt sur la gauche, puis de nouveau, suivre une croupe qui nous mènera jusqu’au sommet du Turon. Bien. Ça c’est pour la théorie. Couteaux sur les skis dès le départ et nous commençons notre cheminement à travers les mamelons débonnaires (pour reprendre les expressions de Guillaume !) qui surplombent le refuge, avec plus d’une heure de retard sur le timing initial, la faute à des peaux qui ont laissé de la colle sur les skis de nos valeureux chercheurs d’eau. Le canyon commence à se profiler devant nous, vu d’en bas je ne vois pas bien par où on va en sortir … Mais pour le moment j’ai d’autres préoccupations que de chercher un passage : la pente est plus marquée, devant ils n’ont pas l’air de mollir et moi je commence à être un peu à bout de souffle. Je lève un peu le pied, la route est encore longue et qui veut aller loin ménage sa monture …
Une sortie semble possible sur la gauche du canyon mais c’est raide ! Alors au pied du mur on troque nos skis contre les crampons, et piolet en main et skis sur le dos nous voilà partis à l’assaut de ce passage un peu engagé. Doucement mais surement nous sortons tous du couloir, le Turon ne semble plus très loin et le plus raide est derrière nous. Sauf que … devant nous c’est cailloux et neige croutée… La progression est lente, laborieuse… Tu crois que ça va tenir et … ben non, te voilà avec de la neige jusqu’au genou ! Un pas après l’autre, j’ai du mal à continuer d’avancer. Je sais que Thierry, juste devant moi, en bave aussi. Je m’arrête pour reprendre un peu mon souffle et lève les yeux : à ce moment-là ils sont tous arrêtés… Bon, je crois qu’en fait c’est dur pour tout le monde ! Puis le terrain redevient propice aux skis, ouf ! Un dernier effort, et voilà le paysage qui plonge sur le Lac de Cap-de-Long ! La vue est grandiose, il reste juste un dernier effort pour monter au sommet du Turon et profiter du panorama ! Enfin … pas trop longtemps … Nous n’avons pas été très rapide sur la montée, il faudrait être de retour au refuge avant la nuit, alors pour le picnic au sommet on repassera. Juste le temps de croquer une barre, les peaux sont remisées dans le sac et nous voilà repartis. Une pente douce, une neige fraiche à peine soufflée par le vent, c’est parfait pour retrouver quelques sensations de glisse. Il faut faire vite car un mur un peu raide se profile sous nos spatules. Vérifications faites, ça ne passe pas à côté, c’est bien par là qu’il va falloir descendre. Heureusement la neige accroche bien et bonne surprise pour le chef, on ne se débrouille pas trop mal sur nos skis ! JB nous avait prévenu : sa technique en descente n’est pas aussi au point qu’à la montée (effectivement, il grimpe comme un chamois), mais comme il se relève aussi vite qu’il tombe, ça passe presque inaperçu ! La descente est royale, entre petits vallons et traversées de lacs, la neige est bonne, on passe au pied du Neouvielle qui paraissait si loin depuis le refuge et les couleurs sont magnifiques. C’est l’occasion aussi de repérer la hourquette de Mounicot, par où on repartira demain.
En arrivant ce n’est pas la même ambiance que la veille ! Le refuge est plein et bien plein ! Heureusement nous avions laissé nos affaires de la veille, ce qui nous permettra de tous dormir dans un lit. L’ambiance est chaleureuse, certains sont venus fêter un anniversaire, nous partageons vin et chocolat avec nos voisins de tables, eux ne sont pas en reste, c’est du rhum qu’ils ont montés !
J3 – Réveil 7h pour garder les bonnes habitudes, nous avons gagné en efficacité et à 8h30 nous voilà sur le départ. Départ par là où nous sommes arrivés hier, puis la route est déjà tracée jusqu’au col. Après les efforts d’hier cette dernière montée passe tranquillement, nous passons entre la hourquette de Mounicot et le col du même nom, pour déboucher d’un coup sur la vallée voisine, beaucoup moins encaissée.
Le contraste est saisissant et oh surprise, la neige est bonne ! Bon, un passage un peu crouté me vaut une belle gamelle mais autrement c’est moelleux, léger, un vrai plaisir ! Et comme nous sommes dans le rythme nous auront même droit à une pause picinic aujoud’hui ! Mais les bonnes choses ne peuvent durer éternellement, la neige fraiche finit par céder la place à une neige plus dure (mais on ne va pas se plaindre, ça reste largement skiable), ce qui donne des ailes à notre champion du ski de piste. Mais ski de piste et ski de rando, ce n’est pas le même matos … Le voilà qui déchausse une fois, deux fois, trois fois … Et nous voyons un ski débouler droit dans la pente, prendre de la vitesse, s’envoler sur une congère et sauter dans le torrent ! Le torrent est très encaissé mais le ski est visible dans les arbustes accrochés aux parois.
Antoine l’alpiniste part en opération récupération, piolets en mains, assurés par Guillaume bien ancré dans la neige par ses skis. Opération rondement menée, notre champion a juste eu le temps de mettre ses crampons pour descendre nous rejoindre, il en sera quitte pour payer sa tournée en arrivant en bas !





